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La recherche mondiale

vendredi 27 janvier 2006, par rigas

Quelques références à des documents sur la Recherche au niveau mondial. [1]
(Note : En cliquant sur le mot Recherche on est renvoyé sur Wikipédia dans laquelle j’ai ajouté un lien sur STS ou Science, Technologie et Société).

- Un rapport alarmiste sur l’état de la recherche dans l’Union Européenne. Rapport rédigé sous la direction de Luke Georghiou (lien sur le rapport "Investing in European Research) ; Sur le site de l’UE on trouve les indicateurs S&T. Le rapport indique que nous sommes loin de l’objectif des 3% (du PNB) pour la recherche. Pour y arriver il faudrait que....

L’objectif de 3% doit être considéré comme un indicateur d’une Europe innovante, et non comme une fin en soi. Les ressources dans le domaine de la recherche doivent être utilisées d’une manière plus ciblée. Il s’agit notamment de créer des centres d’excellence, et, matière sensible, de transférer des ressources des domaines à faible priorité ou de groupes de mauvaise qualité vers les meilleurs. Une nouvelle approche du soutien de la R&D par les entreprises est axée sur le renforcement de « l’écologie de l’innovation naturelle », dans laquelle il est tenu compte des interactions entre grandes et petites entreprises.

Les experts demandent également des changements profonds dans l’application du budget communautaire. Ils considèrent que les Fonds structurels constituent un moyen essentiel pour faire participer toutes les régions à l’économie de la connaissance. Ils recommandent un triplement de la proportion des crédits affectés à la recherche et à l’innovation, pour la porter à 20%. D’une manière plus générale, ils estiment que l’innovation doit être traitée comme un objectif dans tous les budgets administrés par la Commission.

(...) le besoin d’une mobilité structurelle en Europe. Cela signifie qu’il faut adopter un nouveau paradigme de flexibilité et d’adaptabilité dans les ressources humaines, les finances et les structures organisationnelles. Par exemple :

  • il faut qu’au cours d’une année quelconque 10% des membres de la communauté de la recherche en Europe franchissent les frontières entre la science, l’industrie et le gouvernement ;
  • (...) enrayer la réduction considérable des investissements en capital-risque (946 millions d’euros seulement en 2004, contre 5,37 milliards en 2002 et 9,66 milliards en 2000) ;
  • bien que les plateformes technologiques et les groupements soient fortement soutenus (...) leur financement et les engagements doivent être d’un niveau suffisant pour promouvoir ce secteur.

- L’état de la science dans le monde, publication UNESCO. Il contient un article sur la recherche en Afrique de mes collègues Jacques Gaillard et Roland Waast et de V.V. Krishna sur l’Asie du Sud.

« la principale évolution concerne l’Asie, région dans laquelle le montant brut des dépenses de R&D est passé de 27,9 % des dépenses mondiales en 1997 à 31,5 % en 2002. » Ce dynamisme est dans une large mesure dû à la Chine où l’on trouvait en 2002 davantage de chercheurs qu’au Japon : 810 000 et 646 500 respectivement.

En 2002, en Chine, les dépenses de R&D à l’échelle nationale ont atteint 1,23 % du PIB du pays, contre 0,83 % en 1999. La Chine a identifié six domaines prioritaires, à savoir la technologie de l’information, la biotechnologie, la technologie des nouveaux matériaux, la technologie de fabrication de pointe, l’aérospatial et l’aéronautique, dans lesquels elle veut s’imposer. En 2002, 75,1 % des dépenses brutes de R&D de la Chine ont été consacrés à des activités de développement expérimental, 19,2 % ont été consacrés à la recherche appliquée et seulement 5,73 % ont été consacrés à la recherche fondamentale.

Si les activités scientifiques menées en Amérique du Nord représentent toujours un tiers des activités menées dans le monde entier, cette proportion est néanmoins en recul. En effet, en 2002, l’Amérique du Nord représentait 37,0 % du montant brut des dépenses mondiales de R&D (830 milliards de dollars), alors qu’elle comptait pour 38,2 % de ces dépenses en 1997. « Pour l’Europe, les chiffres correspondants s’élèvent à 28,8 % en 1997 et à 27,3 % en 2002 » peut-on lire dans le rapport. En ce qui concerne « l’Amérique latine et les Caraïbes, l’Océanie et l’Afrique, leurs dépenses ne représentent qu’une petite part du total puisqu’elles s’élèvent respectivement à 2,6 % (3,1 % en 1997), 1,1 % (stable) et 0,6 % (stable) des dépenses mondiales totales. »

- Le palmarès R&D des 1000 plus grandes entreprises (article dans les Echos). Le tableau en annexe de cet article.

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R&D dans les 1000 entreprises

Et puisqu’on se trouve dans les palmarès, on peut voir le Palmarès des entreprises qui se font du blé ou plus poliment : "Deloitte Technology Fast 50 a pour objectif d’établir un classement national des 50 entreprises technologiques ayant la croissance de chiffre d’affaires la plus forte." Certaines entreprises sont étonnantes, comme Linagora qui fait du service à partir de logiciels libres. Où se trouve la frontière entre le libre et le payant ? Le patron de cette boîte explique :

Les logiciels propriétaires ont tendance à devenir de plus en plus libres. Regardons ce qui se passe. Sun a confirmé sa volonté de mettre sous licence Open Source une grande partie de ses logiciels. D’autres sociétés de renom font de même. De l’autre côté, les éditeurs traditionnels n’ont pas le choix. Les solutions libres gagnent du terrain. Il existe, par exemple aujourd’hui, des solutions décisionnelles tout à fait compétitives face à BO comme par exemple Pentaho, ou dans le domaine de l’Enterprise Content Management face à Documentum avec des solutions comme Alfresco. Ma vision : nous aurons encore pendant un bon nombre d’année une co-existence des modèles : libre et propriétaire. Le libre cependant oblige les éditeurs traditionnels à se transformer et à améliorer leur offre.

Concernant la propriété intellectuelle, cela est un autre débat. Il faut être clair. Toutes les manoeuvres visant à renforcer la propriété intellectuelle dans le domaine des logiciels, comme mettre en place un brevet logiciel, sont les dernières armes d’une industrie qui a peur et se replie sur elle-même. Renforcer la propriété intellectuelle, peut, dans ce cas, nuire à l’innovation et aux développements d’activités. C’est un véritable choix de société. Aujourd’hui, le marché des éditeurs traditionnels est très largement dominé par les Etats-Unis. Le logiciel bénéficie déjà de protections suffisantes grâce au droit d’auteur.

Et si vous pensez que les palmarès ne servent à rien, voici ce que dit Madame Clara Gaymard, présidente de l’Agence française pour les investissements internationaux (Afii) dans une interview dans l’Expansion :

Quel impact ont ces classements sur les investisseurs étrangers ?

Ces classements n’intéressent pas les investisseurs étrangers. Ils participent juste à l’image ambiante et on leur attache beaucoup trop d’importance. Il est clair que la bataille des idées passe aujourd’hui par ces classements. Les Anglo-Saxons y croient beaucoup et mettent beaucoup d’argent dessus. En France, nous sommes plus cartésiens et nous ne nous intéressons qu’aux chiffres, qu’aux faits. Heureusement que les choix de localisation se basent sur des critères concrets et plus objectifs. Comme la qualité de la main d’œuvre, le niveau de fiscalité, la taille du marché, la qualité des infrastructures... Les investisseurs pèsent tous ces facteurs et ne s’arrêtent pas juste aux classements internationaux.


[1Références fournies par la revue de presse de www.innovationservice.fr

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