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Quelques questions israéliennes

vendredi 11 août 2006, par rigas

Le Courrier International reproduit un article (abonnement requis) paru dans le journal "Yediot Aharonot" israélien où l’auteur (Yair Lapid qui n’a pas l’air d’être le dernier des cons, loin de là) se demande pourquoi les Arabes détestent tant les Israéliens.

Les Palestiniens dit-il, je comprends : nous (les Israéliens) les emmerdons au quotiden. C’est chose entendue. Mais les Libanais, hein ?, les Syriens ? Hein ? Les Iraniens ? Pourquoi ? Pourquoi tant de haine ?

Je reproduis ci-dessous un extrait de l’article avec sa liste de questions .

Yair Lapid est un écrivain en plus d’être journaliste et il manie le language à merveille. La lecture de sa liste de questions est emblématique d’un état d’esprit devenu majoritaire en Israel, une façon de penser qui permet de survivre "calmement" dans le tumulte de presque 50 ans de troubles d’Israel avec tous ses voisins. Fermons nos yeux sur l’histoire, ne regardons que les belles villes d’Israel, accusons les Arabes de leur autoritarisme, leur incapacité à se développer. Et surtout : oublions l’histoire.

Yair, comme tes concitoyens qui pensent comme toi, tu a l’air d’oublier 22 ans d’occupation du Liban par les Israéliens qui ont été le ferment du Hezbollah. Tu as l’air de faire semblant que l’état d’Israel n’est pas un état confessionnel. Tu fais semblant de penser que c’est la Syrie qui a fabriqué le Hamas, l’Iran qui a fabriqué le Hezbollah. Mais l’occupation isrelienne, les vexations permanentes, tout cela tu veux le mettre de côté. Tu as l’air de penser que gagner la guerre comme l’a fait glorieusement Tsahal contre l’Egypte —qui était le représentant par excellence de l’Arabité avant de se faire carroter ce poste enviable par les saoudiens aidés en cela par les américains, alliés favoris et permanent de Israel — suffit, comme si la blessure et l’humiliation pouvait s’oublier. Regarde ce qu’ont fait les plus extrémistes des arabes de Sadate. Regarde ce que font les extrêmistes partout autour de toi, chez toi, dans ton propre pays, au nom de Dieu, de l’Histoire, du Devoir du Souvenir.

En dehors de l’oubli de l’histoire, tu sembles aussi aimer les amalgames. Le plus scandaleux de tous, pour tous les hommes et les femmes qui souffrent au quotidien en Syrie c’est celui-ci :

Pourquoi les Syriens acceptent-ils de vivre comme dans un pays du tiers-monde, misérables et sans espoir, en échange du privilège douteux de financer des groupes terroristes qui finiront fatalement par menacer leur propre existence ?

Comme si les habitants du pays avaient fait un pacte avec El Assad pour vivre dans la merde ! Et que ce pacte incluait le suicide collectif ! Comme si la raison d’être des syriens était de financer des terroristes... Curieuse façon de penser à la fois les rapports d’un peuple à ses dirigeants et des raisons d’agir d’un gouvernement.

Yair, tu devrais sortir de ton char d’assaut et tu serais bien inspiré de jetter un coup d’oeil autour de toi . Yair, je te soupçonne au vu de tes questions de vouloir nous dire que finalement la question de l’état palestinien n’est pas un problème.

Autant de mauvaise foi me débèquete !


La liste des questions :

Pourquoi le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, adulé par des dizaines de milliers de partisans, risque-t-il sa vie et met-il en danger le Liban pour se battre contre un pays dont il ne sait rien, peuplé de gens qu’il n’a jamais rencontrés et qu’il n’a aucune raison objective d’affronter ? Pourquoi les enfants d’Iran, qui ne pourraient pas distinguer Israël sur une carte tant notre pays est petit, brûlent-ils son drapeau sur les places de leurs villes et sont-ils volontaires pour des attentats suicides ? Pourquoi les intellectuels égyptiens et jordaniens excitent-ils les faibles d’esprit de leurs pays contre les accords de paix signés avec Israël ? Pourquoi les Syriens acceptent-ils de vivre comme dans un pays du tiers-monde, misérables et sans espoir, en échange du privilège douteux de financer des groupes terroristes qui finiront fatalement par menacer leur propre existence ? Pourquoi nous déteste-t-on en Arabie Saoudite, en Irak, au Soudan ? Que leur avons-nous fait ? Pourquoi s’intéressent-ils autant à nous ? Que savent-ils de nous ? Pourquoi nous hait-on en Afghanistan ? Eux qui n’ont rien à manger là-bas, comment trouvent-ils la force de nous haïr ?

Ce n’est pas nous qui sommes à l’origine de leur chemin de croix. Nous ne les avons pas écrasés sous le joug colonialiste. Nous n’avons jamais eu la tentation de les convertir. Les Mongols, les Seldjoukides, les Grecs, les Ottomans, les Anglais ont dominé, écrasé, pillé cette partie de monde. Nous n’avons jamais essayé. Comment se fait-il que nous soyons les ennemis de tous ?

Et que dire de leurs frères palestiniens ? Où sont les tracteurs saoudiens qui devraient reconstruire Goush Katif ? Où est cet émissaire indonésien qui devait faire construire des écoles à Gaza ? Vers qui les médecins palestiniens peuvent-ils se tourner pour obtenir les équipements indispensables aux interventions chirurgicales ? Il y a tant de façons d’exprimer son amour pour un frère. Pourquoi préfèrent-ils l’aider à haïr ?

Mille cinq cents années d’antisémitisme nous ont appris de la manière la plus épouvantable qui soit qu’il y a quelque chose chez nous qui irrite le monde. Alors, nous avons fait ce que tous attendaient de nous : nous sommes partis. Nous nous sommes construit un tout petit pays, pour vivre entre nous, sans déranger. Nous n’avons pas été exigeants. Israël représente moins d’un centième du territoire de l’Arabie Saoudite. Il n’a ni pétrole ni richesses minérales. Nous n’avons même pas pris le territoire d’un pays existant. La plupart des villes qui ont été bombardées cette semaine n’ont été volées à personne. Nahariya, Afoula, Carmiel n’existeraient pas si nous ne les avions pas construites.

Pourquoi Ahmadinejad a-t-il déclaré qu’Israël est le problème central du monde musulman ? Il y a plus de 1 milliard d’êtres humains dans le monde musulman. La majorité d’entre eux vivent dans des conditions terrifiantes. Ils souffrent de la faim, de la pauvreté, de l’ignorance et de conflits sanglants. Comment pourrions-nous être leur principal problème ?

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