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Jospin à la retraite

lundi 2 octobre 2006, par rigas

Jospin jette l’éponge (j’ai un peu de retard dans l’actu). Suivi par Hollande. Ouf, soulagement !

C’était la dernière jospignolade (Copyleft de chez Glazman).

Pour Jospin c’est à croire que la stratégie du "multiplions le nombre de membres du PS" de Jack Lang a marché : le désir (interne) au Parti Socialiste n’a pas permis au désir (externe) à se manifester. Car ils sont nombreux ceux qui, comme moi, se sont inscrits au PS pour faire barrage à Jospin. Pôvre Jojo, il va être obligé de se taper les cours de philo de son épouse, discipline fort peu consciente du temps.

Un certain nombre d’entre nous s’est inscrit au PS pour arrêter ce désastre possible : Jospin candidat du PS. Car la raison première de son échec est avant tout politique. Cet homme a tout fait pour démobiliser les structures de son parti. N’en déplaise aux fidèles, Jospin a fait fonctionner une campagne électorale totalement en dehors du Parti. Il a aussi cru que sans le PS il aurait pu faire naître le désir de le revoir sur la scène politique. La leçon du 21 Avril et de l’échec actuel de Jospin est que sans Parti, pas de salut (pourtant Lénine avait déjà dit cela je crois...).

Mais ce n’est malheureusement pas une condition suffisante. Dans la dernière réunion de section de Fédé de Paris 10ème, par exemple (où j’étais Jeudi 28 sept), il y avait presque 400 personnes dans la salle (chiffre au pif) pour une section qui compte aujourd’hui plus de 1000 membres (au lieu de environ 300 auparavant). Les "nouveaux adhérents" sont légion. Ils ne sont pas venu juste par soudaine prise de conscience. D’ailleurs ceux rôdé à l’action politique interne au Parti sont très nettement dépassé dans ces réunions ("SVP, n’applaudissez pas"). Tous ces nouveaux adhérents ont compris que, d’une façon ou d’une autre, il faut faire bloc.

Espérons que tout cela permettra de créer une structure solide pour défendre une candidature PS. Au risque de voir le PS sombrer dans son péché mignon : la guerre des barons (les lang, DSK, fabius et tout les autres qui agissent pour leur candidat avant d’agir pour la campagne électorale).

Problème numéro un : la presse et les médias. Jamais une candidature ne s’est autant jouée sur la presse (et pas sur le programme ni même les idées). On a urgemment besoin d’un "spin-doctor" au PS qui soit au service du parti et pas d’un précandidat. Qui fasse de la veille journalistique comme Sarko semble faire cela très bien (voir encore l’affaire Télérama). Il faut ôser faire le clown sur les plateaux télé et la vieille école (au-dessus de 45 ans) ne s’y résoudra jamais : écart culturel trop grand. J’arrête pas de voir des gars de l’UMP faire cela (l’horrible Devedjian, Marchand, etc.). Idem sur la "blogosphère" où j’ai l’impression que se rejoue le mauvais scénario de la campagne de la constituante européenne : les "contre" étaient nettement mieux structurés "internétiquement" que les "pour". On a l’impression que les sarkophiles sont plus propositifs que les sarkophobes. Et que, surtout, les sarkophobes ne retombent pas unanimes dans les urnes virtuelles des ségophiles.

Deuxième problème : les conditions de la victoire de la gauche ne sont pas données en ce moment. On ne dégagera pas une candidature sur des propositions de gauche. La gauche tradi votera contre Sarko ; la gauche nouvelle par contre votera sur la base du "sérieux". Ce que nonbre de nouveaux adhérents disent c’est "combien coûtera la programme du PS ?" (voir ici une tentaive indépendant), "Quelles propositions sur le chômage ?", et autres questions de nature à engendrer des réponses d’experts. Le problème c’est qu’aucun expert n’a jamais au grand jamais généré du courant politique. Alors le chiffrage actuel du programme du PS c’est, nous a-t-on dit en réunion de section, 30 à 35 milliards d’Euros. Point barre, circulez. Que voulez-vous d’autre qu’une bagarre d’experts, sans intérêt. Quand Sarko mobilise sur le son de "je vais faire la révolution", les chiffrages ça compte pour du beurre. EN fait, on est dans une situation inédite où la gauche se doit de se présenter comme sérieuse et la droite comme le trublion de service.

Il existe un précédent historique à cette situation : c’est Newt Gingrich, leader du Parti Républicain, leader de la Révolution républicaine (Wikipedia anglais) qui a mis fin à 40 ans de majorité démocrate au Parlement américain en 1994. Gingrich est le véritable modèle de Sarkozy. C’est cette "révolution", le renversement de la tendance lourde de l’après-guerre américain, qui a ouvert la voie aux actuel néo-conservateurs, qui sont une dérive maladive du systèmes américain tiré par ses marges et non plus par la masse parlementaire. D’ailleurs Gingrich est en train de faire son comeback politique car il est copain comme cochon avec Karl Rove, Donald Rumsfeld, et Dick Cheney. Et il avait -il a toujours d’ailleurs- du charisme, chose que cette terreur de Sarko semble partager également.

Cette stratégie de mobilisation par le coup d’état parlementaire est un bon modèle de ce que Sarko est en train d’essayer de faire. Il institue ainsi le communautarisme au centre du débat politique, réorganise la vie politique autour de la notion de communauté (concept étranger à la vie politique française), s’assure que la légitimité de la parole politique ne soit plus le monopole du système républicain des représentants du peuple, mais qu’au contraire on institue comme légitime la voix de quiconque sait manipuler une guérilla institutionnelle. La gauche est donc face à dilemme unique dans l’histoire politique de la France : devenir le pôle qui assagit et tente de barrer la route aux révolutionnaires de tout poils. Ça va être dur à vivre !

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