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Enervement ! La recherche est (encore) attaquée

jeudi 25 janvier 2007, par rigas

J’aime pas les attaques injustifiées. Monsieur Postel-Vinay, qui a dirigé pendant longtemps l’excellente revue La Recherche, en a commencé une en règle (dans le sillage de certains hauts fonctionnaires).

Sur son blog on peut lire sous le titre "Rhétorique, vous avez dit : rhétorique ?" un billet plein de fiel sur la "recherche publique française [qui] est particulièrement improductive." Il a même commis un livre à ce sujet (que je n’ai pas lu, mais je vais m’empresser d’aller y voir de plus près).

Il fait état de cet article de Annie Kahn dans le Monde du 15/1/07 qui fait mentionne un rapport confidentiel de l’inspection des finances (a priori pas des experts en recherche, mais des comptables qui veulent que tout marche selon les règles de la comptabilité nationale).Le rapport est co-signé de Henri Guillaume ex-patron de l’ANVAR qui a commis aussi d’autres rapports célèbres sur la technologie française (c’est son dada, et soulignons-le son dada c’est la technologie, pas la recherche).

Les chercheurs ont protesté. Même François Goulard a du se démarquer de ce rapport. En effet, le rapport critique la faible capacité de valorisation des organismes de recherche et souligne que la recherche ne manque pas de moyens mais d’un bon coup de balais ("une mauvaise organisation et d’une piteuse gestion" écrit Postel Vinay, mais je ne vois pas où Mme Annie Kahn a écrit cela...)

Il continue :

"Or voici les chiffres, fournis par le dernier rapport de l’Observatoire des sciences et des techniques. Pour le ratio des dépenses publiques de recherches par rapport au PIB, la France n’est dépassée, au sein de l’Union européenne, que par la Finlande. Le taux français est de 0,89%, contre 0,79% pour l’Allemagne (qui a de meilleurs résultats à la fois en recherche académique et en matière de brevets) et de 0,69% au Royaume-Uni (qui a de bien meilleurs résultats en recherche académique). Et contrairement à la thèse sans cesse ressassée selon laquelle le ratio français aurait diminué ces dernières années, il a augmenté de +6% depuis 1998.

CQFD."

Et bien non ! Voici ma réponse :

Vous écrivez que Bertrand Monthubert, président de l’association sauvons la recherche (SLR) a écrit : “En ce qui concerne la part de la recherche publique et privée dans le produit intérieur brut, la France occupe une place très médiocre en Europe ».

ET vous ajoutez, ironique : Notez le glissement : « la recherche publique et privée ».

Quel glissement ?

N’est pas plutôt vous-même qui glissez ?

Le rapport de l’OST que vous mentionnez signale les chiffres de dépenses publique et privée (c’est-à-dire la Dépense Nationale de Recherche ou DNRD ou la dépense intérieure de recherche pou DIRD). Le rapport DNRD / PIB a été constant de 1998 à 2001 (2,22%). Ce qui n’est pas une gloire, avouez-le !

Par ailleurs, la recherche publique représente environ 32% des cette DNRD (en 2001). Ce qui fait autour de 1% (ou 0,82% si on ne retient que la dépense intérieure, ce qui est une erreur, mais enfin passons). Par contre ce ratio DNRD/PIB a régulierement baissé depuis le début des années quatre-vingt dix.

Comparer la Finlande et la France est aussi assez bidonesque. Le PIB de la Finlande tourne autour de 120 milliards d’euros contre 1413 milliards pour la France. Le système de recherche de la France est infinimment plus complexe et diversifié que ne l’est celui de la Finlande, un pays de 5 millions d’habitants (je n’ai rien conte les Finlandais, est vous qui avez apporté cette comparaison...) ET c’est là que le bât blesse : la DNRD représente 3,42% du PIB en Finlande donc un effort comparativement bcp plus fort que la France qui représente comme on vientde le 2,2% (la DNRD = la recherche publique et privée).

Nokia investit certainement bcp en recherche. Et une entreprise comme Nokia représente un poids infinimment plus lourd en termes relatifs pour le petit ays qu’est la Finlande que n’importe quelle entreprise française (peut-être avec l’exception de Total). On n’ira pas donc décortiquer les chiffres au-delà (comme le fait par obligation l’OST mais encore une fois vous devriez être plus scientifique dans votre présentation des données). Et puisque vous avez le rapport 2004 de l’OST en main, vous devriez lire jsuqu’au bout le paragraphe 1.3 page 234 d’où vous sortez ce chiffre : "Les financements publics ont diminués dans trois pays : les Pays-Bas (-9%). la France (-4%) et l’Allemagne (-3%)" En France et aux Pays-Bas, le ratio du volume de ces financements sur le PIB est en diminution importante (-13% et -21% respectivement)" (p.235)

Votre volonté de nuire au discours syndical (que vous qualifiez de stalinien) vous aveugle. Rhétorique ?


je remarque aussi que Eurostat (en pdf ici)donne des chiffres enconre moins encourageants. Mais bon, Postel-Vinay et Henri Guillaume, eux, ils savent où se trouve la vérité.

— enfn dernier point un lecteur du Monde envoie ce commentaire :

Joce
15.01.07 | 17h30

Comparons en 2005 le CNRS et le MIT américain, référence mondiale en valorisation économique : même nombre de chercheurs (10000) et budget 3 fois supérieur pour le MIT. Pourtant le CNRS développe plus de brevets (2649 contre 2228), plus de licences industrielles (133 contre 122), plus de royalties (53M€ contre 38), plus de créations d’entreprises (28 contre 20). Alors que le CNRS a une vocation non commerciale à l’inverse du CEA ! Vous avez dit désinformation ? Tous les chiffres sur www.cnrs.fr

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