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Quelques idées sur les entreprises chinoises

Une note sur les PME chinoises

mardi 10 février 2004, par rigas

Quelques notes sur les entreprises chinoises (PME privées)

Rigas Arvanitis
Chercheur IRD

Canton, juin 2001

Ces notes reflètent quelques premières réflexions nourries par des visites d’entreprises en Chine du Sud. Elles ne se limitent pas aux seuls problèmes d’organisation car les questions des entreprises chinoises ne se limitent pas à cela. Certaines affirmations sont des hypothèses, d’autres des certitudes. Dans tous les cas ces affirmations contiennent une base empirique de visites de PME privées ou familiales chinoises. Nous ne mentionnons pas les difficultés spécifiques des joint-ventures qui méritent un travail à part.

1. Les entreprises chinoises sont jeunes. Elles sont de création récente dans la plupart des cas (moins de 10 ans) et sont formées par des personnes qui n’ont pas d’expérience managériale d’aucune sorte. Ce sont souvent des anciens cadres du Parti Communiste ou des dirigeants locaux (chefs de village, de section urbaine). Dans les fonctions usuelles du Parti, le travail le plus important n’est pas de diriger à proprement parler mais de gérer les relations entre les autorités officielles membres du Parti. Ce capital intangible est utile au jeune entrepreneur (qui a usuellement entre 40 et 50 ans). Appelons cela « capital politique » pour bien marquer que ces relations ne sont pas du « capital social » selon le sens habituellement attribué en Occident.

Il existe des livres nombreux sur ce sujet en Chine, d’abondantes traductions et des états de l’art des travaux occidentaux qui sont publié dans les revues chinoises ; les sociologues chinois utilisent intensément le terme de « capital social » et toujours dans ce sens extensif de lien social et politique. L’analyse des réseaux sociaux (ex. R.Burt) est aussi très en vogue.

2. Parmi les grandes entreprises et les PME chinoises la situation est sûrement très différente. Les cadres des grandes entreprises sont en général plus jeunes que les entrepreneurs de PME. En tant que cadres d’une grande structure de production (publique ou privée), ils sont coiffés d’un chef dont le travail est avant tout politique. Dans la petite entreprise familiale, comme partout ailleurs, c’est le patron qui fait ce travail à la fois de gestion des relations sociales et politiques, notamment avec les autorités locales et décisionnel (achats, choix des fournisseurs et rapports avec eux, négociations commerciales, planification de la production, commandes, recherche des clients). Peut-être que la situation est différente dans des entreprises collectives ou les entreprises d’état où il existe un personnel recruté indépendamment de la « famille » du patron (voir point 9). Apparemment il y a peu de délégation de pouvoir ; mais cela pourrait être une apparence trompeuse. Dans les entreprises familiales, les « bras droits » existent et des entreprises même de 3000 employés peuvent avoir un comptable qui n’est autre que l’épouse du patron. Le principal gérant peut être un ingénieur qui n’est autre que le cousin du patron. Le fils du patron peut diriger une des filiales de la boîte.

3. Le terme « PME » est à prendre avec des pincettes. On peut y inclure presque la totalité des entreprises en Chine : ateliers artisanaux, entreprises semi-industrialisées, entreprises nouvelles de 400 à 1000 ouvriers, tout cela s’appelle PME. Dans le Guangdong cela représente 96% des entreprises.

Les PME de haute technologie qui sont incubées dans des programmes de soutien direct comme le programme Torche, soit issues des centres technologiques ou des universités, sont très à part ; il faut cependant mentionner que ces fleurons de l’industrie moderne sont peu nombreux en Chine du Sud. Ces entreprises se trouvent dans certains parcs S&T où il existe un Comité du programme Torche ou autre programme similaire de développement d’entreprises de haute technologie.

La taille des entreprises est très changeante et une entreprise peut passer de 50 à 3.000 employés en moins de 10 ans (ou, dans le cas de grandes entreprises, passer de 3000 à 15.000...). Généralement la croissance des entreprises est brusque : cela provient de ce qu’après « avoir fait leurs preuves », ces entreprises obtiennent clients et fournisseurs en abondance. Il est donc probable que les entreprises vivent une « période probatoire » plus ou moins longue où leur honnêteté, et leur persévérance sont testées par les fournisseurs mais aussi -surtout ?- par les autorités. L’entreprise elle-même, durant cette période, teste la capacité de paiement de ses clients, qui est une des principales difficultés des entreprises.

Autre point intéressant sur la croissance des entreprises : les entreprises ne deviennent pas « grandes » en commençant par être petites. Les grandes entreprises sont le fruit d’une décision de regrouper des ressources nécessaires pour créer une grande entreprise. Cette décicion est politique, pas économique. Les petites ou moyennes entreprises ne peuvent pas croître naturellement et espérer devenir de grandes entreprises sur la seule base de leur croissance commerciale et économique, sur la qualité des produits ou sur la compétitivité des prix. Ceci semble être aussi vrai des entreprises de taille moyenne : ainsi, par exemple, une entreprise de 300 personnes avec accès au marché à l’exportation est décrite par son patron comme une entreprise « déjà grande » ! Le pas à effectuer pour devenir grand, quand on est petit ne semble pas être le produit de la croissance des marchés ou de la compétitivité.

4. Les marchés des entreprises sont régionaux, rarement nationaux. L’accès au marché est compliqué ; il nécessite d’obtenir des autorisations. Si l’entreprise a de bonnes relations avec les autorités locales, cela se fait « comme si » il n’y avait aucune autre formalité à effectuer. Il suffit alors de payer quelques taxes locales et s’installer. Par contre les entreprises qui sont sans cette protection peuvent avoir des difficultés graves : paiement d’amendes fréquent, surtaxation, contrôles impromptus. C’est souvent le cas des entreprises créées par des personnes d’autre provinces. Exemple : une entreprise de commercialisation menée par un marchand du Zhijiang qui s’implante dans le Guangdong sur un marché où il est absolument nécessaire comme fournisseur des entreprises locales créées par des gens du Guangdong paiera des taxes plus élevées qu’une entreprise cantonaise. Les « étrangers » se plaignent souvent de ces pratiques qui leur compliquent la vie. On imagine que les véritables étrangers (occidentaux) doivent avoir aussi des difficultés du même genre, mais c’est un autre sujet.

5. Les entreprises ne peuvent pas se projeter sur l’ensemble du territoire chinois et s’imaginer qu’elles pourront rapidement « inonder » le marché de leur produit. Tel entrepreneur nous explique que même en ayant le meilleur produit il sait qu’il existe des marchés dans une autre province, mais n’évoque même pas la possibilité de les atteindre. Tel autre nous mentionne la facilité avec laquelle il négocie avec les étrangers alors qu’il nous parle de la concurrence chinoise. Un troisième insiste pour dire que les étrangers bouleversent les pratiques commerciales chinoises. Toutes ces affirmations indiquent qu’obtenir un marché n’est pas le résultat de la libre concurrence entre des entreprises qui cherchent à offrir des produits à un meilleur prix, une meilleure qualité ou avec de meilleures conditions offertes au client.

6. Les entreprises chinoises se battent mais ne se concurrencent pas. Une entreprise ne s’installe pas en fonction de la concurrence. Elle s’installe en fonction d’une opportunité qu’elle saisit au vol. Cette opportunité peut être une politique officielle invitant les entreprises à s’installer dans leur périmètre, un rapport étroit avec les autorités ou un capital politique précédent particulièrement riche. Elle doit donc, au moment de sa mise en place, installer l’ensemble des structures économiques, depuis la production jusqu’à la commercialisation pour remplir le contrat tacite qu’elle a signé avec les « promoteurs » de l’industrie locale de produire et vendre tel ou tel produit. Il y a de fortes chances que les entreprises similaires soient sur place. Comme on cherche à éviter des contacts avec des entreprises similaires, il n’y a pas d’outsourcing possible et les fournisseurs seront réduits au minimum. On se partage les clients mais pas en faisant état de prix plus attractifs. L’entrée en jeu d’entreprises étrangères de ce point de vue est une menace réelle : les patrons chinois savent que les entreprises étrangères se font concurrence sur les prix et ne respectent pas le « partage des clients ».

7. Ces différentes observations ont une conséquence particulièrement importante pour des entreprises industrielles : elles doivent créer leur propre réseau de distribution et ne peuvent pas escompter utiliser des réseaux de distribution pré-existants qui auront été créé par une autre entreprise (à moins d’acheter cette autre entreprise, mais là encore ce n’est pas possible pour des PME familiales ou privées de taille réduite). Le canal de commercialisation

8. La relation à l’autorité locale est essentielle. Elle contient deux côtés : un côté visible, en termes de taxes et d’impôts ; un côté intangible, en termes de liens personnels. Il s’agit d’un ensemble ou système de relations (guangxi) personnelles. Le terme n’a pas la connotation de corruption qu’il a en Occident. Mais il a bien la même connotation de réseau de relation échappant aux relations formelles, et donc aussi au regard extérieur. Maintenir ces liens personnels est une activité essentielle pour une entreprise. Sans exaggérer on peut dire qu’on fait plus de business dans les repas qu’au bureau.

Pour ce qui concerne la face visible des relations aux autorités, c’est avant tout les flux financiers entre les entreprises et les autorités. Une entreprise considérée importante dans un district industriel recevra le titre « Contributeur important (payeur important de taxes) », qui sera matérialisé par une plaque en cuivre affichée dans l’entrée de l’usine. Il est à noter que les petites entreprises ne mentionnent pas d’incitations fiscales ou financières. Le terme « politique d’incitation » que nous employons couramment en Europe comme synonyme de financements directs des entreprises ou de prêts à taux bonifiés ou avec des temps de remboursement assez lâches, n’existe pas en Chine. Les aides et les appuis sont liés pour les petites entreprises aux liens personnels des entrepreneurs (guangxi). Par contre, l’état participe sans aucun doute très directement dans la croissance des grandes entreprises, où il est difficile de faire la part entre le public et le privé (voir point ci-dessus sur la croissance des entreprises). Cela veut dire que la politique industrielle, qui demeure l’aspect le plus visible de la politique économique chinoise, n’est pas assortie de financements ni de mesures officielles d’exemption d’impôts (« faisons de Zhongshan la capitale du luminaire », « faisons de Shunde et de Dongguan la capitale de l’électronique », « faisons de Shuikou la première place de la robinetterie en Chine », « ouvrons nos portes aux investissements étrangers »). Les interviews laissent entendre qu’il existe en matière fiscale un certain arbitraire.

Ceci explique certainement aussi certains des déboires des étrangers créateurs de joint-venture qui ne portent pas suffisament leur attention sur « le partenaire » -mais ceci est hors-sujet. Ceci explique aussi que ces politiques d’incitations sont une sorte de résultat de négociations entre Beijing et les autorités locales, mais là aussi nous sommes hors-sujet.

9. La main-d’oeuvre reste abondante et très liée à l’entreprise. Il est impensable qu’une entreprise digne de ce nom n’offre ni repas ni dortoirs aux ouvriers. Ceux-ci -dans le Guangdong- proviennent souvent d’autres provinces, sont jeunes et viennent sans famille. Ils sont parfois liés au patron ou viennent par la même filière (même clan, même « famille » dit-on simplement en Chinois ce qui regroupe tous les gens du même nom de la même région, même village). La structure rurale est donc encore très présente (c’est peut-être aussi le cas des chinois qui émigrent car ils vont là où se trouvent d’autres membres de leur « famille »). Le fait d’être recrutés par le même canal les sécurise et leur permet de maintenir leur travail mais les rend aussi très vulnérables. Ils le sont d’autant plus que la plupart n’a pas de hukou qui est l’autorisation de résidence. Sans ce papier -moins nécessaire aujourd’hui mais toujours présent- on peut être renvoyé dans sa province.

10. Du point de vue des patrons, faire travailler des gens de la même région (la même « famille ») est une garantie que les gens ne feront pas faux-bond et n’iront pas chercher à travailler ailleurs. Les entreprises avouent des taux de rotation du personnel de 10% « ou plus », mais ces chiffres sont faibles notamment du fait de leur croissance rapide. Quand les entreprises sont vraiment petites (moins de 50 ouvriers) et que les tâches exigées comportent un certain degré de technicité (tourneurs, fraiseurs, etc...), les patrons cherchent effectivement à employer des membres de la famille ; on peut assurer ainsi que le temps et l’argent passé à enseigner la technique ne sera pas pour faire profiter le plus proche concurrent qui ne manquera pas d’exister ! Dans le cas d’entreprises moyennes ou grandes, les choses sont un peu plus compliquées. Les entreprises ont du mal à assurer la permanence de la main d’oeuvre qualifiée dont les compétences sont mal rémunérées.

11. La formation du personnel des petites entreprises est rarement assurée dans des instituts techniques, des écoles professionnelles ou des formations type BEP. Les entreprises doivent entièrement former leur main d’oeuvre, surtout les ouvriers. Cela est une limitation très forte à la croissance des entreprises car la formation se fait souvent par les autres ouvriers, et dans le cas des petites entreprises de moins de 100 personnes par le patron lui-même. C’est aussi possible car les chaines de production sont très redondantes (cf. point 13).

12. Les salaires sont très faibles (nous avons vu des entreprises employant des ouvriers à 2 RMB par heure, taux officiellement reconnu dans la région en question ; beaucoup d’entreprises parlent de salaires de 500 RMB par mois). Les avantages semblent liés à la promotion interne plus qu’à l’ancienneté (il est difficile de parler d’ancienneté dans des entreprises si jeunes). Les ouvriers connaissent les salaires pratiqués par les entreprises du coin (c’est un sujet de discussion fréquent). Ils semblent aussi savoir combien gagnent leurs supérieurs et leur patron. Tout cela évidemment dépend des entreprises et des employés. Mais l’information locale à ce sujet fonctionne bien.

13. La faiblesse des salaires et la façon dont s’effectuent les embauches, font que l’organisation du travail est très intensive en main d’oeuvre. Nous n’avons pas de cas d’intensification de la productivité par investissement en équipements. Par contre, même des chaînes productives très hautement mécanisées emploient un grand nombre de personnel. Par exemple, une unité de galvanisation entièrement mécanisée emploiera une dizaine de personnes pour « réceptionner » le produit en fin de chaîne plus une autre dizaine de personnes pour vérifier que les bains successifs sont assurés correctement. Le QC est parfois invoqué pour expliquer la présence de personnes à différents point de la chaîne de production. Dans les unités non mécanisées (nombreuses y compris dans des tâches insalubres ou dangereuses), les postes de travail sont très souvent dédoublés : deux ou trois ouvriers effectuent la même tâche. La productivité n’est pas le souci majeur des entreprises, bien que certains patrons invoquent la nécessité de la mécanisation.

14. Il semblerait que le principale difficulté pour les patrons des PME chinoises soit l’accès au financement. Les banques ne prêtent qu’aux riches et aux grandes entreprises privées ou d’état ; elles ne savent pas se risquer à financer des entreprises de taille réduite. Le système bancaire n’est d’ailleurs pas considéré fiable par les patrons, car les crédits semblent reposer sur des systèmes de garanties hypothécaires. En gros, les patrons doivent hypothéquer les terrains de leur entreprises pour obtenir des crédits. Plutôt que d’obtenir de l’argent bancaire, les entreprises cherchent à obtenir des financements de chinois d’outre-mer (huaqiao), qu’ils soient de la famille ou pas. De toutes manières, le problème numéro un est la trésorerie. Il est accentué par le fait que les clients chinois sont réputés mauvais payeurs.

[Note de méthode : les étrangers ont beaucoup de difficultés à connaître la véritable situation concernant les difficultés financières, d’une part car les patrons en parlent peu et d’autre part car la terminologie est trompeuse quand elle est traduite dans une langue occidentale.]

15. L’accès aux marchés étrangers est très limité. Il s’obtient en grande partie par des propositions que soutiennent les autorités municipales (là encore, importance du « capital politique »). Nombreux sont aussi les cas où un client étranger arrive dans une entreprise chinoise par l’intermédiaire d’un fonctionnaire du gouvernement local. L’accès à l’étranger est la ressource rare par excellence. Jusqu’à récemment les chinois d’outre-mer (environ 20 millions de huaqiao) ont été la principale source d’information sur les marchés étrangers. La langue, les difficultés qui semblent exister pour l’exportation et la difficulté d’obtenir des produit de qualité reconnue par les étrangers sont autant de difficultés qui s’ajoutent à la rareté des opportunités de contacter des étrangers. Non seulement il est difficile d’obtenir des contacts avec les étrangers, mais en plus ce contact ne semble fonctionner que si l’entreprise chinoise rentre dans une relation très intense avec le partenaire étranger : création de produits à la norme de l’entreprise étrangère, utilisation de schéma de production fournis par l’étranger, mise en place de système de contrôle de qualité imposés par le partenaire étranger, etc. (ce qui se fait souvent dans les foires, d’où l’importance de la Foire de Canton et la tentative de copier le système des foires au niveau local). Bien que nombre d’entreprises soient certifiées ISO 9000, elles n’en font pas état dans les interviews quand nous les interrogeons sur la qualité. Cela semble une formalité de plus ! Et donc en dit long sur le méthodes et surtout les raisons de la certification [hypothèse].

16. L’accès aux technologies plus modernes semble se faire par l’intermédiaire soit d’un contact avec un client étranger exigeant (qui impose des normes strictes) ou par un besoin productif spécifique lié à un client étranger. En vérité, la technologie n’est pas considérée un obstacle, mais cela est du à la situation particulière des PME privées. Elles se trouvent situées souvent dans des secteurs à faible intensité technologique (et profitent de l’avantage comparatif de la main d’oeuvre bon marché) ; ou encore, elles n’ont pas les moyens nécessaires pour passer à des technologies plus productives. Si un réaménagement de la production permet d’améliorer la qualité elle se donneront les moyens de le faire. S’il faut investir elles doivent affronter les difficultés de financement. [Nous manquons d’observations dans le secteur des machines-outils où il existe un potentiel productif très important qui a été légué de la période précédent l’ouverture économique ; cf. Gu Shulin]. Enfin, dans le Sud de la Chine l’état a mis en place des politiques d’incitation à la création d’entreprises de haute technologies sans aucun rapport avec les universités. La R&D si elle existe est peu liée à des capacités locales. Les entreprises de haute technologies qui font figure d’exception dans le Sud de la Chine se rarement en relation avec les universités. De leur côté, les universités n’ont pas créé ou développé d’entreprises comme cela a été le cas dans le Nord de la Chine.

17. Bien qu’il existe de nombreuses organisations « intermédiaires » entre les entreprises et les structures étatiques, souvent traduites par des noms comme « association professionnelle » ou « association industrielle », elles ne semblent pas jouer de rôle dans l’acquisition de technologies, d’information technologiques ou d’appui aux entreprises. Dans les villes moyennes, elles agissent plus comme des « syndicats d’initiatives » ou des comités des fêtes. Les transactions essentielles ne passent pas par cas associations en matière de décision économique (implantation des entreprises, politiques d’incitations, etc.). Elles ne semblent pas non plus de capacité à organiser une profession autour d’un objectif productif ou économique [il reste à vérifier cette situation industrie par industrie, ou métier par métier].

18. Ces diverses observations ont quelques conséquences. Tout d’abord, la croissance de l’économie semble devoir expérimenter un véritable obstacle en ce qui concerne la productivité. Tout milite contre l’augmentation de la productivité : forme d’organisation, coût de la main d’oeuvre, difficulté de financement, difficulté d’accès à la technologie. Ensuite, la taille des marchés est réduite, mais surtout ces marchés sont fragmentés. Finalement, la concurrence est pour le moment un mot, pas un réalité. Les entreprises naissent et croissent en fonction d’occasions qu’il s’agit de saisir et de profiter au mieux. La vision est à court-terme et le calcul d’investissements à long-terme semble peu pratiqué. Mon diagnostic personnel est que la limitante essentielle de l’économie du Sud de la Chine est l’acquisistion et développement de technologies auprès des entreprises de taille moyenne.


Cet article n’a pas été publié. Il a été présenté devant la Mission Economique de Canton par Renée Ajzenberg, que je remercie vivement également pour ses commentaires.

Messages

  • Alors il faudrait faire quelques corrections. Les marchés ne sont pas nationaux... Mais en fait, les clusters industriels s’ils prennent de l’importance, deviennent le marché national.

  • Je préside l’Association des lauréats de l’Institut Supérieur de Commerce et d’Administration de Casablanca et j’organise le 10 Mai 2006 dans le cadre de nos assises annuelles une rencontre, en partenariat avec l’ambassade de chine au Maroc, sur le secrets de la réussite de la chine et les opportunités pour les entreprises marocaines. J’ai lu votre article avec beaucoup d’intérêt et je souhaiterai vous inviter à notre rencontre pour un témoignage sur le management et les particularités de l’Entreprise chinoise. Je vous adresserai notre programme si vous le souhaitez.
    La rencontre verra la participation d’une centaine de chef d’entreprises.
    Mon adresse mail : elotmani@lmsorh.com

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