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CONTROVERSE SUR UN AUTEUR

Houellebecq, morne plaine

Houellebec -est-ce du roman ?

mercredi 11 février 2004, par rigas

Un commentaire sur les Particules élémentaires provoqué par l’excellent papier de Mona Cholet sur cet auteur —et en désaccord avec elle.

Les particules élèmentaires

Curieusement, ce bouquin un peu bizarroïde, malgré les cris d’horreur de ma critique préférée (Mona Cholet), me plaît assez. (ça commence mal, je sais)

C’est vrai que le personnage est détestable, comme Houellebecq lui-même d’ailleurs, que même sa relation amoureuse avec cette femme prof à Noyon est sans aucune tendresse, que l’intimité réside dans une sorte de frottement mécanique des corps par lequel des liquides vitaux s’écoule et génèrent parfois la vie, mais plus souvent la mort, où faire l’amour se réduit à baiser, ou baiser n’est pas même mieux que se branler -iconoclaste, Houellebecq parle beaucoup de branlette- où rien ni personne n’arrive à enchanter le monde. Et c’est même pour cela que j’aime bien ce livre : il y montre une sorte d’absolu dans l’impossibilité de faire fructifier des sentiments tendres, amoureux, intimes. Ici tout est dur, peut être éventuellement noble mais tout de même avant tout c’est cette froideur qui ressort. Sentiments que l’on ressent en se promenant par exemple sur l’esplanade de la Défense, à l’entrée d’un tunnel routier, sur une autoroute, dans une ville sinistrée comme Noyon. Là rien de tendre, jamais. Le paysage urbain se refuse à être accueillant. Les personnages évoluent, certes, mais ne vivent pas. Les choses les embringuent dans une sorte d’absolu, glacial, gris, dur. Et au-delà de cette impossibilité de nourrir l’amour, au temps présent, le livre ne donne aucun espoir. C’est un coup de maître ! De même l’atmosphère étouffante du livre imprègne le lecteur. C’est là d’ailleurs une des principales similitudes avec le « l’extension du domaine de la lutte » — en dehors des branlettes, s’entend bien— qui à mon humble avis, bien que moins ambitieux, rend mieux bien cette idée du dénuement intellectuel, sentimental, ce vide que la sensation de plaisir physique n’arrive jamais à remplir. Il y a une scène dans « l’extension... » tout à faut étonnante où le héro est sur la plage, au vent, et le sentiment du lecteur est qu’on étouffe, alors même qu’on est au grand air, le cheveu au vent.

Montrer l’absence d’imagination de ces êtres perdus ne me semble finalement pas mériter le nom de "non-littérature". Après tout le succès de la littérature réside dans son impossible définition. Le seul, le vrai reproche qui puisse être fait à un auteur serait de ne montrer qu’un seul point de vue dans le livre, celui de l’auteur. Cela ne me semble pas le cas des "particules élèmentaires". Il y a une distance et même si l’auteur et son héro peuvent coîncider —au fond j’en sais rien et je m’en fiche— il n’en reste pas moins que les personnages existent dans un univers réel, complexe, composé de plusieurs... particules.

Cela dit, ni le bonhomme, ni moins encore « Plateforme » n’est excusable. ....

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