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Suite de colère en Grèce : επιστολή της εξέγερσης

jeudi 8 janvier 2009, par rigas

Je n’avais pas vu ce tract passé en Décembre à Athènes. Le voici avec une traduction. J’ajoute un excellent article sur les jeunes enfermés dans l’Ecole polytechnique au plus fort des évènements est celui publié par le Soir de Bruxelles, du 11-12-2008, signé de l’envoyé spécial Maroun Labaki.

Είμαστε τα παιδιά σας ! Αυτοί, οι γνωστοί - άγνωστοι ...
ΘΕΛΟΥΜΕ ΕΝΑΝ ΚΑΛΥΤΕΡΟ ΚΟΣΜΟ !
ΒΟΗΘΗΣΤΕ ΜΑΣ. Δεν είμαστε τρομοκράτες, « κουκουλοφόροι, « γνωστοί - άγνωστοι ».
ΕΙΜΑΣΤΕ ΤΑ ΠΑΙΔΙΑ ΣΑΣ !
Αυτοί, οι γνωστοί - άγνωστοι ...
Κάνουμε όνειρα μη σκοτώνετε τα όνειρά μας !
Εχουμε ορμή μη σκοτώνετε την ορμή μας.
ΘΥΜΗΘΕΙΤΕ !
Κάποτε ήσασταν νέοι κι εσείς.
Τώρα κυνηγάτε το χρήμα, νοιάζεστε μόνο για τη « βιτρίνα », παχύνατε, καραφλιάσατε, ΞΕΧΑΣΑΤΕ !
Περιμέναμε να μας υποστηρίξετε.
Περιμέναμε να ενδιαφερθείτε, να μας κάνετε μια φορά κι εσείς περήφανους.
ΜΑΤΑΙΑ !
Ζείτε ψεύτικες ζωές, έχετε σκύψει το κεφάλι, έχετε κατεβάσει τα παντελόνια και περιμένετε τη μέρα που θα πεθάνετε.
Δεν φαντάζεστε, δεν ερωτεύεστε, δεν δημιουργείτε !
Μόνο πουλάτε κι αγοράζετε.
ΥΛΗ ΠΑΝΤΟΥ
ΑΓΑΠΗ ΠΟΥΘΕΝΑ - ΑΛΗΘΕΙΑ ΠΟΥΘΕΝΑ
Πού είναι οι γονείς ; Πού είναι οι καλλιτέχνες ; Γιατί δεν βγαίνουν έξω να μας προστατέψουν ;
ΜΑΣ ΣΚΟΤΩΝΟΥΝ !
ΒΟΗΘΗΣΤΕ ΜΑΣ

ΤΑ ΠΑΙΔΙΑ

Υ.Γ. Μη μας ρίχνετε άλλα δακρυγόνα, ΕΜΕΙΣ κλαίμε κι από μόνοι μας


Nous sommes vos enfants ! Ces connus-inconnus …
NOUS VOULONS UN MONDE MEILLEUR !
AIDEZ-NOUS. Nous ne sommes pas des terroristes, des « encagoulés », des « connus-
inconnus ».
NOUS SOMMES VOS ENFANTS !
Ces connus-inconnus là …
Nous avons des rêves, ne tuez pas nos rêves !
Nous avons de l’élan, ne tuez pas notre élan.
RAPPELEZ-VOUS !
Autrefois vous étiez vous-mêmes jeunes.
Maintenant vous courrez derrière l’argent, vous vous occupez seulement de la « vitrine », vous avez grossi, vous êtes devenus chauves, VOUS AVEZ OUBLIÉ !
Nous pensions que vous nous soutiendriez.
Nous pensions que vous montreriez de l’intérêt, que vous nous donneriez pour une fois l’occasion d’être fiers de vous.
EN VAIN !
Vous vivez de vies fausses, vous avez courbé la tête, vous avez baissé les pantalons et vous attendez le jour de mourir.
Vous n’imaginez plus, vous ne tombez plus amoureux, vous ne créez plus !
Vous ne faites qu’acheter et vendre.
DE LA MATIERE PARTOUT
DE L’AMOUR NULLE PART - DE LA VÉRITÉ NULLE PART
Où sont les parents ? Où sont les artistes ? Pourquoi ils ne sortent pas nous protéger ?
ILS NOUS TUENT !
AIDEZ-NOUS

LES ENFANTS

PS. Ne jetez pas davantage de gaz lacrymogènes, NOUS pleurons de nous-mêmes.

Tract rédigé par les élèves et distribué pendant les funérailles de l’adolescent grec Alexis Grigoropoulos tué, le 6 décembre 2008, par un policier.

Traduction du grec de nicos iliopoulos, Paris, 12 décembre 2008, nicil@orange.fr et quelques petites corrections miennes.

Dans l’antre des anarchistes :

Soir de Bruxelles, du 11-12-2008.

Envoyé spécial : Maroun Labaki,

Ioannis donne des cours à
l’université. Il connaît beaucoup
de jeunes. « Avec moi,
pas de problème : ils vous laisseront
entrer à l’Ecole polytechnique.
Nous allons certainement y
rencontrer certains de mes étudiants.
 »
L’Ecole polytechnique est, depuis
samedi dernier et le début
des violences, le quartier général
des anarchistes, organisés ou
non, qui mènent la vie dure aux
forces de l’ordre. Ils occupent les
lieux et s’y réfugient à chaque fin
de manifestation, après chaque
confrontation avec les policiers.
L’endroit est, en effet, en vertu de
la loi, un sanctuaire.
C’est aussi un haut lieu de l’histoire
de la démocratie grecque.
Parce que c’est de là que sont parties,
en novembre 1973, les manifestations
qui allaient avoir raison
de la dictature des colonels.
« Je ne suis pas anarchiste, mais
on ne sait jamais, dit Ioannis en
montrant l’énorme bâton en bois
qu’il tient à la main. Hier, des fascistes
ont voulu poignarder des
jeunes dans le métro. »

Entre la place Syntagma et
l’Ecole polytechnique, on a tout
le loisir de constater l’ampleur
des dégâts occasionnés par les
émeutes de ces derniers jours.
Exemple : la vitrine de la librairie
Kauffmann, petit coin de francophonie
à Athènes, a été brisée.
Quatre ou cinq livres sont restés
là, tout au-dessus de la devanture
saccagée. Il y a Le Dictionnaire
des droits de l’homme, des éditions
PUF, et L’Enquête sur l’entendement
humain, de David Hume…
Un peu plus loin, l’entendement
n’était assurément pas au
rendez-vous : le siège de l’Association
des avocats d’Athènes
n’est plus qu’une carcasse d’immeuble
calcinée.

« Le quartier d’Exarchia, tout
près de Polytechnique, explique
Ioannis, a toujours été contestataire
et bohème. C’est un endroit
que la police a toujours perçu
comme hostile, et qu’elle cherche à
détruire. Le gamin ne pouvait
être assassiné ailleurs… »

Sur les
lieux du drame, une petite cinquantaine
de personnes sont rassemblées
en silence, autour d’un
monticule de fleurs. Un mur est
recouvert de lettres manuscrites.
Et de messages divers. Une affichette
A3 glace le sang : elle montre
juste, de profil, un pistolet.

Aux environs immédiats de
l’Ecole polytechnique, Athènes
prend des airs de Beyrouth ou de
Sarajevo – aux heures les plus noires
de leur histoire. Squelettes de
voiture brûlés. Gravats non ramassés.
Cendres en suspension
dans l’air. A quoi s’ajoutent, ici,
des courants de gaz lacrymogènes,
résidus d’on ne sait quelle bataille
rangée.

A la petite grille d’entrée, les regards
sont mauvais. L’intrus est
un journaliste ! Or, les policiers
se déguisent souvent en journalistes
pour prendre des photos.
« Qu’il se casse ! », lâche un barbu
peu amène. « Qui va lui parler
 ?, demande un autre. Et au
nom de qui va-t-on lui parler ? »
Brouhaha. Le barbu s’énerve,
son GSM à la main. Rien à voir
avec l’intrus – heureusement.
« Ils me disent qu’ils ont besoin
de renforts à Syntagma, où il y a
de la bagarre, hurle-t-il, mais on
ne peut pas être partout ! »

Al’intérieur du campus, les jeunes
sont installés dans les jardins
et les cours, sous le doux soleil de
cette arrière-saison. Tout le monde
porte majoritairement du
noir. Personne n’est très frais. La
musique est à fond.

Qui sont-ils ? « La mouvance
anarchiste compte des milliers de
sympathisants, répond Ioannis.
Certains groupes ont pignon sur
rue, et des porte-parole qui passent
à la télé. D’autres sont clandestins.
Ce sont souvent des intellectuels
exigeants au niveau de la
moralité publique. »

Costas a 33 ans, de longs cheveux
noirs et des lunettes rondes.
Il est historien au chômage.

« Tout ce qu’on vous a dit sur
nous est faux, l’info est truquée
par le pouvoir, dit-il d’emblée. Il
y a des anarchistes ici, et aussi
des jeunes en colère, mais pas un
seul terroriste. Nous avons commencé
le mouvement après le
meurtre d’un jeune garçon par la
police. Maintenant, nous nous
battons aussi pour le pouvoir
d’achat des Grecs. »
Dimitri a 16 ans et le bonnet de
son sweat-shirt sur la tête. « J’ai
peur de l’Etat policier, affirme-til
avec aplomb. La police est un
Etat dans l’Etat en Grèce. Ils provoquent
les gens. Aux funérailles,
mardi, ils ont tiré de vraies balles,
en l’air… »

Il va chercher une sorte de grenade
explosée, et ajoute en l’exhibant
 : « La police nous bombarde
de gaz interdits, certains périmés
depuis les années 90. Ils veulent
nous tuer par le cancer. »

Soudain, des applaudissements
retentissent, et l’on voit entrer
des centaines de jeunes, de
retour d’une manifestation. Ils se
saluent tous, s’embrassent, se
congratulent. C’est beau la fraternité
 ! On comprend que des ados
se soient réfugiés ici…
Maria a 17 ans, de longs cheveux
blonds et… la tête à moitié
rasée. Elle a aussi les ongles impeccables.
« Je suis là par solidarité
avec les autres jeunes, déclare-
t-elle, pas pour casser des magasins.
 » Eleni, 28 ans, diplômée
en sciences politiques au chômage,
coiffée d’une casquette et d’un
foulard palestinien, abonde dans
le même sens : « Notre mouvement
est beau, mais les pillages,
c’était très négatif. »
Costas l’interrompt : « Nous,
les anarchistes, nous cassons les
banques, les grands magasins et
tout ce qui représente le capitalismeinternational.
C’est notre idéologie.
Les pillages, ce n’est pas
nous. Ce sont des SDF, des hooligans
du football, des voleurs, des
immigrants illégaux, etc. »

Les gaz lacrymogènes se font
plus gênants. La bagarre approche.
« Nous resterons tant qu’il
faudra, mais il est temps que
vous, vous repartiez », dit Costas
en se levant. Trois grands
gaillards surgissent alors, portant
masque à gaz et survêtement
noir : « Venez, nous allons
vous escorter par les petites rues
de derrière. »
Au revoir et merci pour l’escorte
 ! « J’ai 30 ans et deux enfants,
conclut l’un des anges gardiens.
Je gagne 35 euros par jour, sans
assurance santé. Comment et où
je peux exprimer ma colère ?
Nous sommes deux millions sous
le seuil de pauvreté. Nous voulons
juste vivre dans la dignité.
Dites-le à vos lecteurs. »

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