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10 février 2009 : Mobilisation exceptionnelle contre la politique de l’enseignement supérieur et la recherche

mercredi 11 février 2009, par rigas

Une belle manif, avec une moyenne d’âge plus élevée que les manifs précédentes contre la LRU.


L’IRD a été représenté dignement et presque exclusivement par des chercheurs des sciences sociales (où sont passé nos collègues des sciences naturelles ? les pédologues, climatologues, écologues, et autres biologistes, ). Sur la photo devant le croisement de la rue Oudinot, devant l’ancien "Ministère de l’Outre-Mer".

Sauvons la recherche souligne le caractère assez exceptionnel de cette mobilisation. Le gouvernement Sarkozy qui s’est spécialisé non seulement dans la provocation mais aussi dans l’autisme institutionnel a retardé l’application des décrets de la LRU sur les carrières des universitaires (dans un joli valse-hésitation vécu en direct presque sur les ondes, où les services de Valérie Pécresse annonçaient le report pour 2010, puis pour la rentrée 2009... bref dans la confusion). Mais les grandes questions demeurent vives.

En matière de provocation, le discours du 22 janvier de Nicolas Sarkozy a franchi un maximum. Mais il n’a eu lieu à mon avis que parce que lors des annonces précédentes peu de réactions s’étaient fait entendre.

Les Bourdes du Petit Nicolas
Les Bourdes du Petit Nicolas

Les universitaires ont l’air de se ressaisir. Ce n’est pas trop tôt. Les chercheurs des établissements publics, et notamment de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), nous avions annoncé la couleur il y a de cela un an déjà (lire ici et ici) sans recevoir aucun écho favorable -trop petit, trop marginal, et ne parlons pas des jalousies... Quand notre Direction générale a démarré le démantèlement de l’IRD sous l’appellation cache-sexe "d’umérisation" nous avions hurlé à la mort... dans le désert. Un an plus tard cette politique d’intégration des organismes publics dans les universités commence à "porter ses fruits" : grèves, désorganisation, manifs...

Le fait d’avoir donné la responsabilité au gouvernement de l’enseignement supérieur et la recherche à une ministre qui n’a pas l’ombre d’une idée de ce qu’est la recherche y est certainement pour quelque chose. Car le remise en cause du gouvernement a pour objectif une "libéralisation" de l’enseignement supérieur (mise en concurrence des enseignants et des chercheurs, mise en concurrence des établissements et des programmes de formation, atténuation de la valeur nationale des titres d’enseignants, confusion de l’université avec des écoles à concours, promesse de renforcement de la cagnotte des présidents d’université,...) sur un fond de baisse des moyens directs (vieille chimère de la droite ; que la recherche soit entièrement financée par le privé, ce qui n’a lieu pas même pas aux USA -modèle de référence- où seul un petit 5% de la recherche universitaire est financée par le privé). Le fond de l’affaire c’est que ça commence donc à toucher les recrutements et les carrières y compris pour ceux déjà dans la place ! Et alors que nous continuons à payer des bricoles aux doctorants, post-doctorants et enseignants débutants.

Enfin, la question est posée : quelles doivent être les relations de la reecherche et de l’enseignement supérieur ? Quel rôel pour les grandes écoles ? Quelle rôle pour les EPST (établissement publics à caractère scientifique et technique) ? Quel est l’intérêt de créer de très grandes unités (PRES, TGU etc... ) dans le monde universitaire qui ne correspondent pas à des structures de gestion ? Quel est le rôle de l’évaluation ?

Evaluez-moi

Et pour commencer tout de suite -
- le rétablissement des postes supprimés et un plan pluri-annuel d’emplois,
- le retrait des projets de réforme sur la modification des statuts des enseignants-chercheurs et la mastérisation
- la fin du démantèlement des grands organismes de recherche.


- Exigeons des excuses à Nicolas Sarkozy pour son discours insultant du 22 janvier. (on peut rêver, évidemment, mais rarement un Président a exprimé autant de mépris pour la recherche).

- Continuons à signer le moratoire des évaluations ANR et AERES.


A lire : Un numéro spécial de la Revue d’histoire moderne et contemporaine sur l’évaluation.

A voir : une vidéo en réponse à l’injurieux discours de Nicolas Sarkozy du 22 janvier 2009.


- Article sur la manif du 10 février dans le Temps (genève)

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