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Poursuite du mouvement dans la recherche et les universités : va-t-il devenir le plus exemplaire mouvement contre la politique du gouvernement actuel ?

mercredi 6 mai 2009, par rigas

Le gouvernement cherche à faire croire que le mouvement dans la recherche et les universités est mort. Les parents des plus jeunes étudiants s’affolent. Plus personne ne comprends rien -c’est un refrain qu’on entends parfois dans les cours d’universités. Pourquoi continuer à faire grève si ce n’est quelques extrémistes qui veulent en découdre. Bref, chercheurs et universitaires seraient devenus juste des obstinés ou des agitateurs genre black block. Michel Godet, réac professionnel, qui « comprend les étudiants » a tenu le même discours, encore plus vicieux : même si vous avez vos diplômes, a-t-il dit, vous aurez même pas de boulot. Vous deviendrez des révolutionnaires dans les facs de sciences humaines, allez dans les écoles de commerce... Et voili-voilà l’ascenceur social, y’a plus. Ces jeunes se tirent une balle dans le pied, des enfants de bobos ! Textuel (première partie de l’émission Ce soir ou jamais sur France 3 qui oppose l’infâme Godet et Isabelle This Saint-Jean).

Mais le mouvement n’est pas le fait de quelques extrémistes, n’en déplaise à ceux qui s’y opposent et à Mme la Ministre. Il a formulé 4 revendications assez simples :

- Le retrait complet du décret concernant le statut des enseignants-chercheurs. Les multiples inventions des décrets actuels rendent les choses complexes, mais nous n’avons sur ce point toujours pas la clarté (voir par exemple : Décret sur le statut des enseignants chercheurs ). Cf. Liste des derniers décrets et arrêtés parus

- L’arrêt de la transformation des organismes de recherche, notamment de leur transformation en agences de moyens. Je rappelle que cette politique a d’abord été testée à l’IRD puis au CNRS et maintenant se généralise sur l’ensemble des EPST [1]

- Un plan pluriannuel pour l’emploi (promesse non-tenue du Ministre Fillon en 2004), qui est une suite logique à l’arrêt de la précarité dans les labos. C’est probablement la cause la plus noble pour nos plus jeunes chercheurs, c’est aussi la plus nécessaire si nous ne voulons pas voir mourir la recherche.

- le retrait du projet de « mastérisation » des formations des enseignants.

Isabelle This Saint-Jean ce matin (mercredi 6/5/09) sur France-Inter disait que la stratégie du gouvernement consiste maintenant à ne pas reculer, coûte que coûte. A casser ce mouvement, le plus long et inhabituel mouvement au sein des universités et organismes de recherche —même le Président de la CPU l’avoue dans le poste. Donner de ce mouvement ’image d’un mouvement d’extrémistes afin de justifier de le briser par intransigeance. Car si la stratégie du pourrissement ne marche pas, en partie parce que les universitaires vont devoir satisfaire aux pressions de la délivrance des diplômes (ce n’est pas une critique c’est malheureusement un fait), il faudra bien que le gouvernement donne pour gagnante une politique qu’il a défendu bec et ongle.

Comme Isabelle This Saint-Jean nous, chercheurs, sommes en colère, mais nous avons aussi conscience de la difficulté de la situation. Colère car, au-delà des problèmes des universités, la recherche va s’amoindrir. Un pays produit la recherche qui est en relation avec sa vision politique. Je me demande si la vision de la France -en tout cas de son gouvernement- n’est pas devenue étriquée. Bonnes gens n’ayez plus de grandes idées, plus de grands idéaux : contentez-vous de gérer votre petite entreprise, où qu’elle soit.

- Isabelle This Saint Jean et Lionel Collet de la CPU, questions et réponses sur France Inter

- Sur SLR, une analyse de pourquoi continuer le combat

- ASSEMBLEE GENERALE de SLR le 16 mai 2009

Mouvement de protestation les 14 & 15 mai 2009.


[1Etablissements publics de recherche n’ayant pas à vivre de leur revenus propres

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