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incendies de nouveau en Grèce : Article sur Rue89 (Août 2009)

lundi 24 août 2009, par rigas

Je suis mortifié de nouveau de voir les incendies en Grèce ravager le pays.

J’ai écris un article dans Rue89 :

- Incendies en Grèce : des catastrophes pas très naturelles

- Des photos sur Flickr : Φωτιά στην Β.Α Αττική : un album sur Flickr

- kathimerini.gr (Ευχαριστώ τον Ανεμο : ANemos : Φωτιές εκλογών και αποπροσανατολισμού ΞΑΝΑ)

- "Φλέγονται" από κέρδη τράπεζες και Χρηματιστήριο Αθηνών. Drame national. La bourse d’aAThènes a bondi ceLundi matin de 2.500 unités. Augmentation de 1,90% juste après l’ouverture. C’est hallucinant. Le pays brûle et les banques spéculent sur les prochaines constructions immobilières.

Pleurons ! Un jeune avait publié cet aphorisme au moment des incendies de 2007 : "Autrefois le citoyen athénien votait en faveur de l’égalité, la liberté, la beauté ; il vote aujourd’hui pour qu’on lui fasse sa petite faveur ou pour raviver son petit intérêt. Il n’y a plus d’Agora, plus de société. Juste des écrans, des chambres, de l’égoïsme. Un profond et noir solipsisme. " (Anonyme sur http://www.lifo.gr/)

Αν κάποτε ο Αθηναίος πολίτης ψήφιζε υπέρ της ισονομίας, της ελευθερίας και της ομορφιάς, τώρα ψηφίζει για να του κάνουν ένα ρουσφετάκι ή για να τονώσει το μικροσυμφέρον του. Δεν υπάρχει Αγορά, ούτε κοινωνία. Υπάρχουν οθόνες, δωμάτια και εγωισμός. Ένας βαθύς, κατάμαυρος σολιψισμός.

Quelle explication pour les incendies ?

Et il me semble de plus en plus que les incendies ne sont pas une maladie du réchauffement climatique comme j’ai pu le penser il y a deux ans (La Grèce sous le choc d’incendies de forêts inédits), mais bien une maladie de la démocratie. La Grèce est comme ce Liban que décrit Ahmad Beydoun [1], un pays où l’état « faible » et clienteliste profite aux nantis sans qu’ils aient à rendre de compte. Le gain évident pour un incendiaire qui arrive à récupérer un terrain brûler est de 100%. Qui dit mieux ? Seule une démocratie forte pourrait faire changer les choses.

En réfléchissant, au-delà des structures politiques et sociales que tout bon sociologue, économiste ou politologue est censé invoquer dans ces cas là, il serait utile de lire ou re-lire Amartya Sen dans son analyse des famines en Inde. Sen indique que les famines sont devenues graves et mortelles une fois que les institutions coloniales ont démantelé les structures sociales locales qui assuraient une certaine forme de redistribution (de là sa théorie des capabilités c’est-à-dire du pouvoir de acteurs sociaux de décider librement de leurs choix). Un petit pays entièrement mondialisé comme la Grèce, où les structures traditionnelles rurales sont totalement démantelées dans les cinquante dernières années, ne serait-il pas un bon candidat pour ce type d’analyse ?

Si quelque chose a changé dans le fond économique en Grèce c’est précisément l’usage du sol. Quand pendant les « années d’innocences » [2], la Grèce était petit pays pauvre, bassin d’émigration vers les USA, l’Océanie et l’Europe industrialisée, la vente des terrains a été une source stable de revenus. Athènes s’est construite ainsi par « antiparochi » c’est à dire en demandant au promoteur un ou deux appartements dans le futur immeuble en échange d’un prix dérisoire pour le terrain. L’effet de ce système a été foudroyant car il ne supposait pas de mobiliser du capital. Système urbain avant tout, qui suppose de remplacer le maison par un immeuble. Dans les campagnes cette ressource était plus rare : la ressource la plus simple consiste donc à intégrer le terrain rural dans l’urbain. Au fur et à mesure de l’extension de la ville, cette méthode s’est appliqué, d’abord par les plus pauvres qui construisaient des afthereta, c’est-à-dire des demeures illégales sur des terrains non constructibles (une loi permettait de légaliser une maison illégale si on constatait la présence de fenêtres et d’un toit, ce qui explique l’horreur qu’à pu être la banlieue Sud-ouest d’Athènes avec ses maisons pas finies et ses immeubles à moitié construits [3]), puis par les riches. Et là viennent les incendies. Car les riches ne cherchent pas à se loger mais à gagner de l’argent. Il veulent dégager du terrain : banques, agents immobiliers, propriétaires (nouveaux et à venir) veulent des investissements frais. Mais le terrain manque. C’est ce qui explique probablement le ressort découvert par les économistes Spiros Skouras et Nikos Christodoulakis, professeurs d’économie à Athènes, qui se demandaient en juillet dernier dans une tribune publiée dans le journal Katimerini pour quelle raison les incendies importants ont lieu les années électorales (voir détail des chiffres dans le papier sur Rue89) ? Ils signalent un affaiblissement volontaire des contrôles de l’Etat (dans tous les domaines et, surtout, fiscaux) et une augmentation simultanée des incendies provoqués volontairement L’Etat se met ainsi au service du parti au pouvoir et laisse « les citoyens » (pas n’importe lesquels)... voler l’Etat plus tranquillement.

Tout cela relève du même mal : l’absence de mécanismes démocratiques. Car en effet, la démocratie se sont des mécanismes de contrôle de la cité. Le déficit démocratique est une crise profonde car il est difficile de créer des outils de contrôle quand tout concours à ne pas en avoir. pas de cadastre, pas de cartes, pas de débat sur les incendies, pas de politique de prévention. Autant de symptômes de ce malaise.

- Un lecteur de Rue89 signale : ENVIRONNEMENT • Quand notre planète s’embrase

- Et sur l’Hymette. GRÈCE • Sur les talons des pompiers, les bétonneurs

- Plus scandaleux : des promoteurs immobiliers mettent en vente des parcelles incendiées. Sur le site agorapolisia.gr a mis en vente des terrains. La société d’après Indymedia aurait un siège au centre d’Athènes Adresse : 15-31 Λέκκα Athènes 10562, Grèce.

- Le gouvernement s’est lamenté des incendies... Quelques jours auparavant il avait légalisé des résidences sur les pentes du Mont Hymete. Le Ministre Souflias déclarait le 24 Août que tout sera fait pour empêcher les constructions sur les terrains brûlés. Le 20 Août il avait fait certaines prpopositions qui cassaient le système de protection juridique de l’Hymete, permettant la légalisation de construction set de petits bars illégalement installés. C’est pourtant la dierction générale de protection des forêts et de l’environnement du Ministère du développement qui avait dénoncé le peuplement illégal de la montage. Source : enet : 24/08 Κάηκαν 2 εκατ. δέντρα και 150 σπίτια et 20/08 « Χαριστική βολή για Υμηττό τα σχέδια Σουφλιά ».

- Vangelis Antonaros, porte-parole du gouvernement trouvaient que« les pins, aussi jolis soient-ils, ne font qu’empirer la situation
 ». Les arbres ont toujours tort !

- Des témoignages aussi pour indiquer que les incendies ne sont pas le produit du hasard. UN bel exemple de cet anglais : Ablaze with greed : John Humphrys, who built a house in Greece, reveals how the fires ravaging the land he loves were started by crooked developers

- California Kat, américaine qui vit en Grèce a rédigé un beau témoignage, désespérant aussi.


[1Ahmad Beydoun (2009) dans La dégénérescence du Liban ou La réforme orpheline. Paris, Sinbad-Actes Sud, 172 pp)

[2Beau terme suggéré par Robert McCabe un photographe pour nommer ses magnifiques images de la Grèce des années 1950

[3Ce mécanisme a aussi été utilisé en Amérique latine, voir l’analyse brillantissime de Hernan de Soto sur Lima dans El Otro Sendero

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