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Les universités en crise : un blog mondial

vendredi 19 février 2010, par rigas

J’ai rencontré Michael Burawoy récemment, actif promoteur du concept de "sociologie publique" et animateur d’un site sur la Crise dans les universités à travers le monde

Pour Burawoy il est évident que deux forces poussent les universités à se transformer :
- la privatisation
- le contrôle gouvernemental.

Ces deux forces jumelles imposent un modèle néo-libéral, augmentent le pouvoir du management, entraînent une érosion véritable de l’autonomie universitaire, instaurent une hiérarchie mondiale des universités, obligent les pays à se comparer avec l’Europe et les Etats-Unis.

Le blog du Conseil des associations de sociologie de l’ISA tente de faire un état des lieux de cette crise qui est maintenant mondiale. Une sorte d’anti-classement de Shanghai.

On y trouvera pas mal de choseσ sur la crise des universités françaises et notamment cet excellent article de Bruno Cousin et Michèle Lamont (Harvard U) qui conclue ainsi :

In our view, fixing the current flaws in the French system does not merely demand organisational reforms, including giving academics more time to evaluate the research of colleagues and candidates properly. It may also require French academics to think long and hard about their own cynicism and fatalism concerning their ability to make judgments about quality that would not be driven by cronyism or particularism, and that would honour their own expertise and connoisseurship.

Not that proper governmental reform is not needed, but sometimes blaming the Government may be an easy way out. Above all, it is increasingly a very ineffectual way of tackling a substantial part of the problem. A little more collaborative thinking and a little less cynicism among both academics and administrators – if at all possible – may very well help French universities find a way out of the crisis. And it will help the French academic and research community to become, once again, much more than the sum of its parts.

Le fond de l’explication de l’essouflemment du mouvemeνt de 2009 est peut-être contenu dans cette idée que les universitaires français sont trop souvent dans une critique facile, un rejet pur et simple de la réforme [1], alors même qu’ils y sont totalement impliqués (ouh là ! je vais pas me faire des amis là !).

Ceci me fait étrangement penser à la critique de Laurent Ségalat qui lui aussi signale le besoin pour les universitaires et les chercheurs de renforcer les collaborations, de se décider à être un peu moins cyniques et de penser un peu moins à la course aux rats dans laquelle nous sommes engagés !

Allez donc faire un tour sur ce blog. Burawoy cherche des auteurs pour des articles. N’hésitez pas à le contacter : burawoy@berkeley.edu. Il est un homme charmant et plein d’humour et curieux de tout ce qui l’entoure !


[1voir à ce propos le fabuleux malentendu quant à la tribune de Bruno Latour. Si vous l’avez ratée, le MAUSS a eu la bonne idée de la reproduire dans son numéro dédié aux Universités : (2009) "L’Université en crise. Mort ou résurrection ?" La Revue du MAUSS 2009/1(33) : 5-30

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