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Apprentissage technologique et innovation dans le Sud de la Chine (2000-2004)

Les opérations d’un programme de recherche

samedi 13 mars 2004, par rigas

Réalisation dans le cadre du programme de recherche mené sous la direction de Rigas Arvanitis, QIU Haixiong et avec une forte participation de Zhao Wei et Jean Ruffier entre 2000 et 2004.

(Cette version publique d’un rapport d’activité, permet de voir les différentes opérations menées dans le cadre de ce programme de recherche).

OBJECTIF DU PROGRAMME (écrit en 2000)

« Ce programme analyse la manière dont s’établissent les liens entre les entreprises et leur environnement, c’est-à-dire notamment avec les institutions qui sont porteuses de règles, procédures et connaissances techniques (autres entreprises, centres de certification, centres de formation, écoles et universités, plate-forme d’essais techniques, centres de recherche professionnels ou de recherche fondamentale). Il s’agira de mener des travaux de terrain qui permettent d’identifier concrètement la manière dont se mettent en place les " micro-fondements" (Lundvall) des systèmes d’innovation et d’apprentissage. »

REALISATION DU PROGRAMME (2000-2004)

Ce programme s’est déroulé en Chine essentiellement sous la direction de Rigas ARVANITIS, QIU Haixiong et avec une forte participation de Zhao Wei et Jean Ruffier entre 200 et 2004. Il s’agissait d’effectuer des études de terrain auprès d’entreprises et de centre techniques ou de centre d’innovation et de recherche dans la région du Delta de la Rivière des Perles. R. ARVANITIS a été affecté en 2000 à l’Université Zhongshan (Sun Yat-sen) et a travaillé dans le cadre du Centre Franco-Chinois de Sociologie de l’Industrie et des Technologies (devenu en 2002 centre conjoint IRD, U Zhongshan et U. Lyon-3). Le programme a mobilisé un grand nombre de participants essentiellement au sein de l’Université. Les opérations suivantes ont eu lieu :

1.-Enquête dans un district industriel du Delta, Shuikou (Décembre 2000, Janvier 2001, Mars 2001). Quelques 25 entreprises ont été visitées ainsi que les autorités locales. Ce bourg industriel compte 411 entreprises de robinetteries et une quarantaine d’entreprises qui fabriquent des pièces. Secteur traditionnel et de faible intensité technologique, le bourg de Shuikou a connu une croissance fulgurante puisque la première entreprise moderne a été constituée en 1976. A partir du milieu des années quatre vingt une centaine d’entreprises avait vu le jour. Après le voyage de Deng Xiaoping dans le Sud de la Chine en 1992, date symbolique du développement économique chinois, les entreprises privées ont acquis une nouvelle légitimité et quelques 300 entreprises ont été créées. Il est important de constater à la fois un rapide apprentissage technique mais surtout un apprentissage de l’ensemble des pratiques commerciales et des mesures de politique industrielles locales.

2.-Enquête auprès d’une entreprise industrielle de process (située à Shunde). Une enquête plus en profondeur sur une entreprise de fabrication de film plastique a eu lieu en 2002. Cette enquête a permis de déterminer certains des aspects de l’apprentissage technologique interne des entreprises. La méthodologie mise au point par Jean Ruffier, auparavant uniquement utilisée dans des entreprises de type joint-venture à capitaux français, a été testée pour la première fois dans une entreprise entièrement chinoise.

3.-Interviews et analyse des mesures de développement favorables à l’environnement dans la ville de Zhongshan. Malheureusement interrompue, cette enquête a permis de poser les bases d’une recherche sur la mise en place d’une politique locale concernant l’environnement. L’extrême difficulté de la définition de ce type de politiques a été relevé et une réflexion s’est engagée sur les causes de cette difficulté, causes qui rejoignent les aspects structurels du développement industriel du Guangdong. Dans le même ordre d’idée la participation de RA à la mise en place d’une entreprise de promotion d’un brevet IRD (technologie FBO) dans les plantations de thé de Yingde a montré là encore les limites des notions de développement durable dès que la mise en place concrète des technologies est en jeu.

4.-Enquêtes auprès d’entreprises d’électronique. Ces entreprises supposées faire partie d’un plus haut niveau technique -probablement le plus élevé dans la province du Guangdong- ont permis de définir les sources de connaissances des entreprises technologiquement avancées. La plus grande entreprise de systèmes de communication sans fil a été visitée -sans enquête interne -dans la zone de Shenzhen. De plus, une entreprise de fabrication d’ordinateurs, et deux entreprises de composants électroniques, pour INTEL et pour le secteur de l’industrie électronique ont été visitée plus à fond (entreprises HW, FH, HD).

5-Comparaison de deux entreprises de fabrication de machines à laver. WL à Zhongshan (autrefois leader au niveau national) et JL à Jiangmen (actuellement en passe de devenir le leader dans ce secteur) ont été enquêtées. Ces deux entreprises montrent deux types de développement totalement opposés, qui correspondent à des périodes de développement économiques différentes. L’enquête a permis de voir comment le contact aux marchés et aux partenaires étrangers changeait la donne.

6-Visite d’une entreprise leader dans la fabrication de céramiques et d’un centre d’exposition commercial à Foshan a apporté des éléments additionnels sur les liens entre politiques locales et développement économique.

7-Visites de districts industriels et de centres d’innovation. Une grande quantité d’enquêtes a été réalisée dans des centres d’innovation. La province a mis en place une politique de développement de centre techniques qui ont pour tâche d’appuyer directement les PME. Les districts de Xiqiao, Dachong, Jiangmen ont été examinés plus à fond.

8-A la suite de ce premier travail, un groupe de neuf étudiants doctorants et de maîtrise (économie, gestion et sociologie) sur les 11 centres d’innovation de la ville de Nanhai, a permis de saisir les formes de création de ces centres, la -difficile- mise en place des réseaux d’entreprises, les interrogations en matières de développement technologique. Les enquêtes des centres d’innovation ont été accompagnées de visites dans des entreprises. Ce travail qui complète l’enquête de Shuikou, a notamment permis de montrer les limites des politiques industrielles des gouvernements locaux. Il donnera lieu à un ouvrage en chinois dirigé par Qiu Haixiong.

9-Une petite enquête par questionnaire a testé la faisabilité d’un questionnaire sur l’apprentissage technologique. Test dans une entreprise de colles à Nanhai et 60 questionnaires dans le pilote. En réalité, l’enquête qui se voulait un pilote pour un travail plus étendu, a montré que si l’apprentissage technique interne est élevé, les entreprises de type PME se caractérisent par un comportement essentiellement commercial, une absence de liens techniques externes et des complexes problèmes liés à la définition des marchés.

10-Visite d’un centre technique électronique d’un groupe industriel public d’électronique du Guangdong. Ce centre s’est transformé en entreprise sous la pression de la politique officielle, sous peine d’être fermé. Très rentable, ce centre montre la difficulté de mise en place de structure d’aide et d’appui aux entreprises. Une entreprise de microcomposants appartenant au même groupe nous a permis de voir l’une des entreprises de pointe, avec FH, de la province du Guangdong.

11-Enquêtes-intervention dans quatre entreprises entièrement privées (UT, GE, LN et HD). Deux entreprises de consultance en gestion ont intégré la méthode dans leur outils. Les enquêtes ont aussi permis de mieux connaître des entreprises privées type de la région.

12-Enquête auprès de professeurs de l’Université Zhongshan sur leurs liens avec le secteur privé. Cette enquête s’est révelée extrêmement difficile, notamment à cause de l’absence de système transparent d’évaluation au sein de l’Université en ce qui concerne les activités commerciales. La valorisation est un concept encore étranger à l’Université chinoise. Seule la création d’entreprise est reconnue et soutenue officiellement. Analyse des budgets de recherche de l’Université dans le secteur des sciences et techniques (un des trois secteurs de l’université qui compte aussi un secteur sciences sociales et un secteur sciences médicales).

13- A plusieurs reprises certaines PME ou entreprises ont pu être visitées avec un déroulement moins formel mais néanmoins intéressant car dévoilant des stratégies d’entreprises soit vis-à-vis de l’exportation soit vis-à-vis des marchés publics. Dans tous les cas les histoires de vie des patrons -relevés aussi dans les autres cas-permettent d’ajouter à la collection de portraits sur les caractéristiques des entrepreneurs privés en Chine. Une réflexion dans la lignée des travaux de Guiheux sur le secteur privé en Chine a pu ainsi prendre corps.

14. Parallèlement à la réflexion spécifique sur les formes de l’apprentissage technologique, l’ensemble du programme a nécessité une réflexion d’ensemble sur l’économie chinoise. Une analyse spécifique de l’évolution économique des vingt dernières années a ainsi été produite (et publiée dans Perspectives Chinoises). Ce schéma d’analyse permet de saisir de manière simple l’extrême diversité des formes productives que nous avons rencontré. Enfin, le programme s’est accompagné d’une réflexion sur les clusters industriels.

Durant l’année 2004, après l’été, plusieurs publications verront le jour. Zhao Wei dont la rédaction de la thèse sur l’apprentissage technologique est pratiquement achevée en chinois, devrait traduire son manuscrit en français pour le soutenir fin 2004. Une thèse de Pierre Miège sur les entreprises publiques en Chine devrait être terminée en 2004. Le Centre franco-chinois a aussi apporté son aide à la thésarde Anne-Sophie Boisard sur les modes de consommation dans la Chine urbaine. Un ouvrage est en préparation sur l’ensemble du Guangdong et la réflexion d’ensemble sur les systèmes d’innovations locaux devrait également aboutir dans le courant 2004 (un livre en français sur l’ensemble de ce programme, un livre en chinois sur les clusters industriels, un livre en chinois sur les méthodes d’intervention en gestion dans des entreprises chinoises et probablement deux articles plus spécifiquement orientés sur les typologies de formes d’apprentissage et le système d’innovation).

L’ensemble du programme s’est effectué avec trois sources de financement (...)

Le programme termine par la tenue d’un colloque international sur les systèmes régionaux d’innovation et les politiques de science et de technologie, soutenu par l’IRD, l’UNESCO, l’ISESCO, le MAE, Lyon-3, le CEFC et les autorités locales (ville de Foshan, département de science et technologie du Guangdong). Si le thème est plus vaste que le programme spécifique il reflète la mise en place d’un pôle de compétence à l’Université Zhongshan autour de la chaire UNESCO de politiques de science et technologie détenue par Qiu Haixiong.

(Mars 2004)

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