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Un roman très sociologique

Ripoux à Zhengzhou

jeudi 17 juin 2004, par rigas

Un roman sur les flics d’un ville de province qui s’est rapidement enrichie.

Ripoux à Zhengzhou
Zhang Yu
Philippe Picquier, 2002
(Ruanruo) 2000

Ce livre n’est pas un polar, même si les héros du livre sont les flics et les voleurs. Son sujet est la corruption, celle de l’argent, celle des autorités, celle des âmes. C’est aussi un témoin de la Chine qui se modernise, qui s’enrichit, et où les riches s’enrichissent au dépend des pauvres. Mais il ne s’agit pas seulement d’un réquisitoire, car les personnages ont bien du mal à rester intègres. Ce qui les rend humains se sont justement leurs faiblesses. Leur intégrité s’explique par ce besoin qu’ils éprouvent de la besogne bien faite. Même si, personne ne sait vraiment comment les récompenser puisque, justement, la récompense serait elle même une corruption. Et aux yeux de tous ce refus apparaît comme de la faiblesse (le titre du livre en chinois ?). Les gens qui les connaissent méprisent leur honneteté car elle ne mène à rien, selon eux (le même discours que celui des mineurs escrocs de "Puit aveugle", le film de Li Yang). Parfois, un sentiment étrange, un doute nait dans l’esprit des personnages, Et ils semblent être les seuls à douter. Car ce qui ressort des pages de ce roman, c’est l’inéluctable. Les trajectoires des vies des gens ne semblent à aucun moment pouvoir s’échapper de leur destin. Les descritpitons assez détaillées des comptes des personnages donne à voir avec beaucoup de réalisme, l’ampleur de l’écart entre riches et pauvres. Enfin, la schizophrénie institutionnalisée en ce qui concerne le rôle du Parti, évoqué longuement comme une machine qui ne peut en aucun cas échapper à la corruption mais dont on déclare aussi qu’il est le seul à pouvoir gouverner la Chine. Les détails très nombreux de la vie des gens dans cette petite ville que les personnages aiment malgré sa laideur, les descriptions de l’urbanisme et de sa logique à la fois politique et sociale font du roman un magnifique essai de sociologie de la vie quotidienne. Un livre savoureux qu’on n’arrive pas à lacher des mains tant le don de conteur de l’auteur est grand.

Avril 2004

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