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Contre le classement débile des universités arabes

vendredi 1er mai 2015, par rigas

Papier d’humeur pas politiquement correct sur les classements d’universités.

En écho aux diverses critiques déjà émises contre les classements des universités (pour totu savoir sur le sujet, voir ici une analyse déjà ancienne de deux étudiants brillants, devenus chercheurs et enseignants depuis), mon collègue Sari Hanafi et moi-même, avons commis un petit papier sur le site Al Diwan.

Ranking Arab Universities : A Farce

En fait le classement des universités arabes que nous critiquons ici est exclusivement basé sur les publications répertoriées dans Scopus. Il est donc faible (débile, c’est bien ça !) dans tous les sens du terme. Faible, prétendument universel, exclisvement fondé sur une seule et unique dimension —lres publications— car faciles à compter.

Ce qui se cache derrière cette masquarade, c’est un marché non pas académique (comme on aurait pu le croire) mais de promotion de Elsevier (le propriétaire de la base Scopus qui a servi à produire ce classement et qui fait tout pour tailler des croupières au Web of Science) et du quotidien US News & World Report qui fait son beurre en vendant des rankings d’universités. Bref, ce classement est encore plus débile que le classement de Shanghai. Ce dernier avait eu au moins le mérite de secouer le cocotier.

Le classement QS est aussi sorti récemment, de plus en plus sophistqué et légèrement moins frustre. Evidemment, reste un classement qui compare sur une échelle unique, des dimensions multiples.
Ce sont les pays non-hégémoniques qui aiment le plus ces classements. Non pour des bonnes raisons mais uniquement dans leur désir d’être dans la photo !

D’ailleurs, mes amis grecs sur Facebook me signalent (lien en grec) que certaines universités grecques s’en sortent plutôt bien au classement QS.

 [2].

Crédulité de mes amis. Quand on sait le désordre actuel qui règne dans les universités, on peut en effet se poser des questions. Baser le classement sur les seules publis dans des revues répertoriées même dans une grande base de donnée n’est certainement pas satisfaisant.

Quel intérêt de savoir que l’ENS et Polytechnique sont dans le top 10 des "universités" françaises ?

En fait, ce qui n’est pas satifaisant, c’est d’utiliser ce seul critère. Le "one best way" de la reconnaissance par lespublications en anglais dans les grandes revues « mondiales » introduit un biais défavorable à quiconque n’est pas au bon format, pas nécessairement mauvais mais juste pas aux normes acceptables dans les pages des revues. Par ailleurs, il y a probablement plein de façons de faire des travaux utiles sans que cela soit nécessairement sanctionné par des publications. ... Bon, je me répète là !

On attend avec impatience le livre de Catherine Paradeise et Jean-Claude Thoenig, In search of Academic Quality, qui doit être publié chez Palgrave-McMillan, en espérant que la version ebook ne sera pas au même prix prohibitif de 75 livres sterling !


[1(pour tout savoir sur le sujet, lire ici une analyse déjà ancienne de deux étudiants brillants, devenus chercheurs et enseignants depuis)

[2Je balance : il s’agit de l’université polytechnique (ingénierie civile), l’université de Thessalonique, l’université de Patras et même l’université économique d’Athènes !

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