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5 juillet 2015 : la démocratie est de nouveau à l’ordre du jour

lundi 6 juillet 2015, par rigas

Ce 5 juillet le peuple grec a voté Non aux exigences des institutions européennes.

S’il fallait s’en convaincre le surprenant résultat du référendum (à 53% du dépouillement on en est à 61% pour le NON, le soir à 92% du dépouillement on en est à 61,28%) prouve que la notion de volonté populaire a un sens !

Article 1.2 de la Constitution des grecs : Le régime repose sur la volonté populaire".

On l’avait un peu oublié. Les gens n’ont pas voté en fonction de leurs choix politiques mais en fonction de leur situation sociale. Le pays est en ruine. Le pays n’est pas divisé comme se sont empressé de le dire certains : ce soir à Athènes ce n’est pas la guerre civile. Ce soir, simplement les grecs ont dit non à la technocratie, non à l’absence de solidarité, non à l’autisme financier. Ce soir, ce résultat demande à nos interlocuteurs de descendre de leur superbe et d’écouter ce que le peuple exige : une solution.

Ce vote a été social, il a été un vote aussi des perdants, devenus très nombreux. La bourgeoisie l’a oublié . Les gagnants qui ont retiré leur fric des banques avec l’aide implicite de la Banque de Grèce et de la BCE ont été aveugles et sourds. Ceux qui achètent des BMW et des mercedes sans arrêt, ceux qui faisaient du "Lifestyle" un style néo-grec, ont perdu. Ceux qui ont réussi à se faire prendre en charge leurs dettes en parvenant à nationaliser leur dettes et veument les faire payer au peuple (avec l’accord de 2012, et ils y sont parvenu grâce au pouvoir de la finance), ceux-là aujourd’hui ont perdu. Même Boutaris (et cela me rend très triste care c’est un maire exceptionnel de la belle Thesaloniki) ! Mme Fofi Gennimata du PASOK vient nous expliquer aujourd’hui, après des déclarations tonitruantes il y a quelques jours, que le pays est dans un cul-de-sac. Non, c’est L’Europe qui est dans un cul-de-sac. C’est l’Europe qui ne sait pas faire face aux problèmes.

Maintenant il faudra prendre son courage à deux mains. Varoufakis avait raison tout du long : la question de la dette doit être négociée. Ce n’est pas "take it or leave it" comme le prétendait M. Dijselbloem (à propos, c’est probablement cet ultimatum du hollandais, président de l’Eurogroup qui a provoqué la décision de Tsipras, qu’on s’en souvienne). Les peuples d’Europe doivent maintenant aussi demander des comptes : M. Tusk ne peut pas se permettre de pérorer comme il le faisait encore ce Dimanche en prétendant que le résultat ne compterait pas. Schäuble doit se taire et travailler avec moins d’intransigeange. Les médias aux ordres, les Quatremer, MEGA, SKAÏ et autres Prétenderis ne pourront plus pérorer sur le soi-disant insolent M. Varoufakis. Un peu moins de prétention et un peu plus de compréhension leur serait nécessaire. Mais j’en doute... ils ont été tellement ignobles tout du long....

Ce résultat montre une situation dangereuse, pas à cause du référendum mais à cause du mauvais fonctionnement de l’Euro. Pourquoi les Banquiers ne veulent-ils pas voir cela ? Pour quelle raison oublient-ils l’intérêt de faire fonctionner la solidarité inter-étatique ? Immédiatement après l’annonce des résultats, les principaux représentants des institutions européennes vont faire semblant que rien n’a eu lieu... Ils scient les échaffaudages sur lesquels est construite l’Europe.

Aujourd’hui on entre vraiment dans la zone à risque.

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