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Vendredi 13 Novembre 2015 - après la bataille

dimanche 15 novembre 2015, par rigas

Quelques tristes pensées pour ces morts qui sont la preuve de nos erreurs d’analyse.

Ce jour, le 14 Novembre, plus de 128 morts sont a dénombrer à Paris. D’autres encore risquent de s’ajouter, de venir tuer, vicitimes de tueurs enivrés à la drogue dure de l’idéal de pureté. Deux secondes après avoir réalisé qu’il s’agissait d’attentats (grâce à un coup de fil de ma fille car je n’étais ni devant la télé ni connecté), à 22h, le Vendredi 13 Novembre j’ai pensé que Daesh avait été certainement derrière cet attentat, après celui de l’avion russe en Egypte et que la vague d’indignation qu’il allait provoquer serait certainement le début d’une deuxième partie de cet affrontement.Depuis cela est confirmé. Ces attentats font partie du projet de l’Etat Islamique. Nous sommes tous en danger, voilà le message en deux mots.

Daesh a gagné la première manche, qui est une bataille de l’image et des médias. Que nombre de ces jeunes fanatiques se sentent récompensés et que pour eux la mort est un cadeau, le prix de la victoire. Ils ont vécu les décrochages, l’anomie comme on dit et découvrent un idéal en s’engageant dans cette folie et deviennent ainsi des pions d’un plan politique forgé par Baghdadi et du mal nommé Etat Islamique. Cette bataille avait commencé en janvier à Paris et s’est terminée hier.

L’Etat Islamique va poursuivre incessament et nous aurons bien d’autres tentatives, il ne faut pas se leurrer. Daesh (l’Etat Islamique) va provoquer de la division et c’est le principal danger que nous aurons à affronter. Nos démocraties vont être mises à très rude épreuve, de l’intérieur. L’extrême droite va jouer sa malfaisante musique : ceux qui veulent construire des murs et fermer les frontières, cette mouvance qui comprend Le Pen et sa bande, ou pire, toutes les forces dqui dans la droite identitaire — et malheureusement aussi de Sarkozy qui ce matin même a commencé en faisant des déclarations outrancières, mais bien d’autres encore — en profiteront pour durcir le ton et faire un « Patriot Act » à a française (comme le réclame Wauquiez). Vivrons-nous alors dix ans de guerre que nous promettent ces fous qui utilisent Dieu comme prétexte ? Vivrons-nous dans des abris ? Allons-nous fermer nos portes, nos thêatres, nos cinémas, nos bars et nos restaurants ? Nos livres et nos universités ?

Allons-nous oublier nos principes républicains, c’est-à-dire ces principes qui nous réunissent ici, parce que nous le voulons et non parce que nous sommes blancs, noirs ou bleus, chrétiens, musulmans, juifs ou autre, de langue française ou d’autre langue -qu’importe ! Non, nous sommes ici réunis sur ce bout de terre par désir de défendre notre liberté de pensée, nos légèreté, notre théatre, notre musique, notre célébration de la beauté terrestre et non seulement divine.

Allons-nous oublier que la démocratie, les Lumières sont nées dans des débats au café ? A Vienne ou à Paris, les terrasses des cafés ont été

Que va-t-il se passer ? Je n’en sais rien, évidemment mais je suis certain que sans solution en Syrie il n’y aura pas de solution ici.

Sauf que le principal soutien de ce plan de l’EI a été Bashar el Assad lui-même. Par cynisme et calcul. Car, comme le signalent des gens comme Jean-Pierre Perrin (par exemple dans le magnifique livre "La mort est ma servante"), Nicolas Hénin (dans "Jihad Academy", petit livre plein de grands moments et d’explications simples issues du terrain) ou Jean-Pierre Filiu, il a fomenté directement l’EI pour étouffer l’opposition politique et démocratique, pour combattre l’Armé Libre de Syrie. Bashar ne comprend que des dictateurs qui lui permettent de combattre de plus ses ennemis de l’intérieur, ces démocraes qu’il a essayé d’étouffer, qu"il a tué et torturé par centaines.

Tout s’est accéléré à mon avis après la prise de Alep par Daesh et quand les US ont décidé de ne pas suivre Hollande après le dépassement de la "ligne rouge" (les bombardements chimiques de Bashar Assad). En acceptant que Bashar marche sur la "ligne rouge", les puissances occidentales ont montré q’elle ne sont ni grandes, ni audacieuses. Elles ont ainsi ouvert le boulevard syrien.

Bashar a gonflé l’EI de nouvelles recrues (ce que je dis a été documenté à Alep par de nombreux observateurs sur place), démantelé l’Armée syrienne libre, et laissé la moitié de son pays à Daesh. Il a permis que les jeeps de Daesh traversent le désert pour arrriver à Palmyre.

Daesh, entre-temps recrute de jeunes banlieusards français, frustrés, plein d’adrénaline inoccupée, entraînés à tuer en quelques mois, comme on joue aux jeux vidéos, des jeunes qui reviennent ensuite en Europe et ouvrent le feu en crevant sur place. Par idéal, prêts à mourir.

Tout ce que nous sommes, ils le détestent. Leur frustration ne fera qu’amplifier au fur et à mesure que nous érigerons des murs et construirons des prisons. Du point de vue de Daesh, ça marche bien. Nous avons perdu la première bataille, la bataille de l’info, de la presse, de l’image. Notre intifada des banlieues alimente Daesh. [1]

Je pense aussi que les dirigeants politiques occidentaux n’ont pas saisi ce qui se passe en Syrie et le jour où il remettront Bashar sur un trône par absence d’autre solution et sous l’oeil bienveillant de Poutine (et en passant des iraniens, exangues, et du Hezbollah à genoux) et de Bibi Netanyahu (lequel a aussi intérêt à alimenter la tension), ils signeront notre mort comme nations. Ils auront donné alors les clés du pouvoir aux mafieux. C’est pour cette raison, qu’aujourd’hui je ne peux en aucun cas enterrinr ce discours de haine du clash des civilisations et du discours répressif des Sarkozy, Wauquiez et Ciotti qui ne parlent que de prisons, de murs, de repression. [2]

Ce n’est pas de plus de lois dont nous avons besoin, c’est de plus d"intelligence (et dans tous les sens que peut prendre ce mot).


[1Ça me fait penser que si on avait un peu plus de communication, je parle de bus, de métros, de transports entre Paris et la Banlieue, cela serait un meilleur rempart contre Daesh que d’ériger des frontières.

[2Mise à jour le 15/11 : La mère d’un des attaquants est portuguaise. Devrait-on fermer les frontières avec le Portugal ?

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