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Délocalisations en Chine

vendredi 7 janvier 2005, par rigas

Sur le weblog de Pierre Haski (correspondant du journal Libération en Chine) un petit débat s’est amorcé sur les délocalisations.

Trois interventions sur le site de Pierre Haski à ce sujet. Je reproduis ci-dessous ma propre intervention :

Débat intéressant sur les délocalisations.

Je voudrais juste ajouter qu’il me semble que le débat pourrait être légèrement faussé si on ne prend pas en compte un aspect un peu oublié par les analyses au niveau macro-économique. Cet aspect est l’apprentissage technologique des entreprises chinoises, à savoir le fait que les entreprises industrielles chinoises ont appris à faire et à mieux faire et qu’il s’est constitué en Chine un véritable tissu industriel (contrairement au Cambodge, au Vietnam et à l’Indonésie pour ne citer que quelques exemples).
A mon avis, il n’y a pas un seul problème de délocalisation, mais trois types de délocalisations :

1) l’installation de filiales de firmes multinationales —qui répondent à la stratégie commerciale de ces firmes au niveau mondial,

2)l’installation d’unités de production de PME étrangères (surtout européennes) -qui profitent des conditions locales avantageuses, des frais de production pas cher et des avantages offerts aux investissements étrangers par els gouvernement locaux ; ces entreprises ont souvent été créées par des représentants commerciaux d’entreprises européennes, des acheteurs qui se fournissent en Chine ;

3) et enfin la prise en charge de la production pour le compte d’entreprises étrangères (sou-traitance). Cette dernière forme a été la base de l’industrialisation et de la croissance à Taiwan (voir les travaux de Hobday, Ernst et Kim, Matthews, Gereffi) et elle concerne avant tout l’industrie d’assemblage (confection, chaussures, électronique). Les taiwanais sont passés maîtres dans la gestion des liens de sous-traitance et utilisent la Chine continentale comme base de production arrière (très cheap).
C’est cette troisième forme qui est la plus menaçante dans la mesure où les entreprises chinoises seront dans un avenir pas trop lointain en mesure de prendre en charge la production de meilleure qualité.

Enfin, la délocalisation de PME françaises ou autres en Chine tire profit non pas seulement de la main d’oeuvre pas chère, des heures de travail impossibles et de l’absence de vigileance syndicale mais aussi du fait que l’environnement industriel est porteur : une entreprise de production qui s’installe dans le Guangdong profite de la possibilité d’avoir à moins de 100 kms à la ronde de tous les fournisseurs nécessaires, efficaces, peu chers et immédiatement disponibles.

La réponse à la delocalisation ne me semble pas dans la seule vigileance en Europe mais aussi dans l’établissement de liens commerciaux stables entre fournisseurs chinois et entreprises commanditaires européennes ou étrangères.

Voir sur le site de la BBC, Asian success stories.

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