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Encore des raisons pour voter OUI au Référendum

lundi 18 avril 2005, par rigas

Le Non en avance dans les sondages ? Pas si sûr. Ce que montrent les sondages c’est que 50% des gens ne se sont pas encore prononcés. Personne ne sait combien il y aura d’électeurs au référendum. Voilà la vérité. Je continue sur les raisons qui me font voter OUI au référendum.

Historiquement, l’Europe a montré une capacité à générer des monstres politiques, la bête immonde du nazisme, l’antisémitisme, le racisme teinté de Y’a bon banania, le fascisme. Et les personnes qui tombent sous la séduction de cette face noire, qui devrait nous faire honte, sont des gens comme-vous-zé-moi. Des bons pères de famille, des employés modèles, des fonctionnaires scrupuleux, des gens bien rangés et propre sur eux. Ils sont se fourvoyés, dit-on, en les excusant. Sous-entendez, moi-même « à cette époque » qu’aurais-je fait ? Alors, si on réfléchit une seconde, on se rend compte que c’est la démission des instances politiques nationales, la honte nationale, le repli identitaire sur la Nation qui génère ces horreurs. La solution après la deuxième guerre inventée par ceux qui ont souffert de cette guerre a été de faire confiance à « l’amitié des peuples ». La forme idéologique du socialisme réel, de l’URSS, était fausse route. Staline nous en a convaincu, l’URSS nous l’a confirmé. Mais en Europe occidentale, on a inventé une forme originale pour éliminer ce monstre tapi en nous même quand nous devenons une horde nationale : l’entente européenne, les institutions européennes, le Parlement européen. La Constitution Européenne est une charte que nous nous donnons pour garantir que cette entente supra-nationale soit inscrite dans les textes.

Le parlement européen à mon humble avis est le véritable enjeu de cette Constitution Européenne (j’ai déjà écrit en quoi la Constitution permettrait de transformer la Commission Européenne en autre chose qu’un ramassis de fonctionnaires internationaux). Plutôt que de laisser la chose dans les limbes, au gré des accords et désaccords du moment, la Constitution inscrit le rôle législatif du Parlement dans les textes, au centre des discussions. Dans l’espace public. La démocratie ne se réduit pas à des élections. Elle doit être le lieu de création d’un espace public, d’une espace de discussion, d’affrontements, de négociations ouvertes. Elle s’incarne dans ce Parlement Européen. Il a montré une véritable capacité d’action et de jugement au moins à trois reprises récemment : retrait de la candidature du commissaire européen italien homophobe et militant néo-chrétien Buttiglione, remise en cause de la Commission lors de l’épidémie de la vache folle, censure de la commission Santer après l’histoire de l’emploi fictif du dentiste de Mme Cresson. Au-delà de ces actes spectaculaires le Parlement a aussi une véritable capacité de discussion et d’influence, comme il le montre au sujet du budget de la recherche. Bref, la Commission n’est plus un groupe de fonctionnaires internationaux super-puissants, mais devient ce qu’il doit être : l’exécutif européen qui décide en accord avec les élus européens.

J’écoute M. Wieviorka à la radio ce matin qui dit fort justement que les indécis sur le référendum -mais tout le monde je pense- voudraient qu’on réponde à d’autres questions que celle des institutions, comme les questions de l’emploi et de la situation économique.

Mais cela est faux de dire que l’Europe = chômage. Le taux de chômage a été réduit en Europe. Il était de l’ordre de 11% en 1993 ; il est de l’ordre de 8% aujourd’hui. De plus en Espagne ou en Italie, pays qui ont largement bénéficié des faveurs européennes, les taux de chômage a également baissé. Un petit pays comme la Grèce s’est entièrement modernisé sur la base de son insertion complète et totale au sein des institutions européennes.

L’Europe ne peux pas être tenue responsable des politiques FRANÇAISES qui sont un échec économique. Il est toujours difficile de faire la part entre ce qui relève des limitations économiques propres au fonctionnement national et ce qui relève des politiques européennes. Mais ces dernières ont plutôt été en faveur des citoyens européens, plutôt que contre.

La morosité politique de la France ne devrait pas influencer notre vote au Référendum. L’illégimité du gouvernement Chirac -qui n’a été élu que parce que Jospin ne nous plaisait pas trop - ne devrait pas nous faire rejetter la Constitution Européenne.

Voilà pourquoi, aussi, je vote pour le OUI POUR LA CONSTITUTION EUROPEENNE.

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