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Développement : Pourquoi ne pas aider une entreprise en Inde ?

dimanche 15 mai 2005, par rigas

L’entreprise indienne Encore Software va mettre sur le marché l’ordinateur Softcomp, le moins cher du monde (moins de 180 euros), basé sur de l’ingéniérie indienne et du software "open source". (Sur l’Open Source voir le site Tic et développement)

La condition est d’en vendre au moins 50.000 unités et 100.000 unités pour la version mobile (le Mobilis).

Cette entreprise avait déjà inventé l’ordinateur pour paysans illétrés (Simputer).

Au lieu de jetter l’argent par les fenêtres dans des grandes sagas sur les objectifs du millenium, un fond de l’Unesco pourrrait acheter 50.000 de ces ordinateurs et les livrer aux écoles des pays pauvres, par exemple, gratos. Si je calcule bien cela fait un montant de 9 millions d’euros, une pichenette face aux budgets "globaux" d’aide au développement. Je signale que l’Union Européenne a donné 250 millions d’Euros à l’Egypte pour sa modernisation industrielle. Comme personne ne savait comment dépenser cet argent, il a fini dans le budget général de l’État Egyptien sans projets spécifiques !

Evidemment, les grands de ce monde —dont le Forum de Fortune— n’apprécieraient pas cette "distortion du marché" qui consisterait à aider une entreprise particulière, surtout si elle ne fait ni partie des 500 multinationales mondiales et si elle vient d’Inde (concurrent redoutable qu’il faut donc tenter de "modérer"). A méditer !

Dans le même Libération qui annonce cette nouvelle, un article rapporte la situation catastrophique de l’Inde dans l’Andra Pradesh, du Ghana et de la Jamaique, tous monoprducteur de produits agricoles de base, à la suite des dérégulations du commerce. (Lire le rapport "Damage done : aid, death and dogma")

Extrait de l’article de Pierre Prakash dans Libération :

Doté des fonctions de base d’un PC et équipé de logiciels open source (modifiables à loisir et souvent gratuits, comme Linux), le SofComp, qui sera commercialisé d’ici trois à quatre mois, bat en effet tous les records de prix : moins de 180 euros l’unité (270 euros avec un écran plasma). Décrit comme « l’ordinateur n’importe où, n’importe quand », sa version portable, le Mobilis, ne pèse que 750 grammes et devrait, lui, coûter 180 euros. A condition toutefois que le fabricant enregistre assez de commandes. « Ces prix sont calculés sur la base d’au moins 50 000 unités produites pour le SofComp, et 100 000 pour le Mobilis », précise Vinay Deshpande. Selon lui, des demandes émanent déjà d’Inde et d’Afrique, voire d’Europe pour des applications industrielles.

En 2002, Encore Software avait déjà frappé l’imagination mondiale en sortant le Simputer, décrit comme « l’ordinateur du pauvre ». De la taille d’un Palm, équipé d’un logiciel de reconnaissance vocale polyglotte et vendu environ 200 euros, l’engin avait pour ambition de « briser la fracture numérique » en introduisant l’informatique dans les campagnes du tiers-monde. En trois ans, le Simputer ne s’est pourtant vendu qu’à 5 000 exemplaires. « Le pari était ambitieux car ce produit s’adressait aux masses rurales, argumente Vinay Deshpande. Dotés d’un grand écran, le SofComp et le Mobilis constituent, eux, une réelle alternative au PC. Nous les avons imaginés en pensant à l’Inde et aux pays en développement, mais ils pourraient très bien être adoptés par les pays occidentaux. C’est un produit destiné au marché mondial. »

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