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Attention chef d’oeuvre : ALONSO CUETO, La hora azul

mardi 19 janvier 2010

Un auteur découvert au hasard d’une collection ("Narrativas hispanicas" de Anagrama), d’une couverture (la photo de couverture est celle d’une jeune indienne péruvienne magnifique), de la bibliothèque d’un ami.

La quête d’Adrian, un avocat de la bonne société de Lima, dans le passé de son père, ancien militaire de la marine, officier tortionnaire engagé dans la lutte contre le Sentier lumineux. Il va chercher (et trouver) une jeune femme, dont toute la famille fut tuée par les militaires mais qui est devenue l’amante de ce père distant au passé sombre. Une plongée dans cette distance et le malaise issu des nombreuses années de cette guerre (civile ?), parmi les plus sales qu’a connu notre vingtième siècle. Des pages magistrales. Un beauté de la langue hors du commun. Une histoire haletante qui illustre cette cohabitation nécessaire et douloureuse entre catégories différentes (civils/officiers, indiens/blancs, riches/pauvres, habitants de Lima/habitant de Ayacucho, vie/mort, amour filial/amour charnel). Un chef d’oeuvre !

"Mi cauteloso egoísmo, la barbarie de mi elegancia me habían protegido hasta entonces [de los torturadores, de mi padre, de los oficiales]. Yo me había acostumbrado a descartar los pequeños problemas del mundo de afuera con una mueca, me había preparado para correr las cortinas cortinas infinitas del sarcasmo antes de acomodarme en el salón de cojines que compartía con mis ’amigos’. La muerte, la pobreza, la crueldad, habían pasado frente a mí como accidentes de la realidad, episodios pasajeros y ajenos que había que superar rápidamente. Ahora en cambio me parecían dádivas recién reveladas." Alonso CUETO, La hora azul (ediciones Anagrama) p.271

Le quasi-monologue de Miriam (p.250 et sv.) avec Adrian, le personnage principal, est une des plus étonnantes pages de la littérature de langue hispanique, grosse de cette culture indienne, du métissage qui est loin d’être celui de la cohabitation amicale.

Les personnages sombres de ce roman sont ambigüs comme cette culture elle-même. Miguel, le fils profondément introverti de Miriam, est une métaphore de cette culture. Cette phrase l’identifie mieux que toute autre :

"Cuando crezca Miguel (el niño), su silencio va a crecer también con él."

(un commentaire moins enthousiaste (péruvien) ici à qui j’ai piqué la photo)


Voir en ligne : Couverture du livre La HORA AZUL, ALONSO CUETO

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